LES ALEAS SISMIQUES ET LA DESSALINIENNE[1]

Jean Nahum CONSTANT

Ce Lundi 16 octobre 2017, en prélude à la 211è commémoration de la mort du père fondateur de la patrie, Jean-Jacques Dessalines, l’auditorium de l’UNIVERSITE DE LA FONDATION Dr ARISTIDE (UNIFA) a accueilli le Docteur Sadrac ST Fleur.

Détenteur d’un diplôme en Génie Civil de la Faculté des Sciences de l’Université d’Etat d’Haïti, M. ST Fleur s’envola pour la France où il réalisa une maîtrise en Sciences de la Terre et de  l’Environnement, à l’Université de Nice. Il fournit ensuite, durant deux années, ses services comme professeur à cette même université. Plus tard, il obtint son grade de Docteur en sismologie. Aujourd’hui le Dr Sadrac ST Fleur est professeur à la Faculté des Sciences de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) et coordonnateur du Conseil de Direction de la Faculté d’Education permanente de l’UNIFA.

Cette conférence tenue sous le thème « LES ALEAS SISMIQUES ET LA DESSALINIENNE »  a été l’occasion pour les étudiants de l’UNIFA de  comprendre  non seulement  la position d’Haïti face aux aléas sismiques, mais surtout de déchiffrer comment la Dessalinienne peut servir de tremplin pour la réduction des risques sismiques. Elle doit servir de lien consolidateur de l’amour fraternel et de l’union au sein de la société haïtienne.

Les paroles célèbres du fondateur de l’UNIFA resteront à jamais gravées dans nos pensées : YON SEL NOU FEB, ANSANM NOU FÒ, comme pour faire écho à la légende inscrite sur le bicolore : l’UNION FAIT LA FORCE !

Qu’est-ce qu’on entend par aléa sismique et comment la Dessalinienne peut-elle aider à en réduire les risques ?

Ce thème, si interpellateur qu’il soit, laisse perplexe. Dans un premier temps, il peut s’avérer difficile de concevoir comment la Dessalinienne peut être une arme dans la lutte contre les risques sismiques.  A la fin de l’exposé, la seule chose certaine, c’est qu’elle est la seule arme permettant de lutter efficacement contre les dangers que représentent les tremblements de terre pour un pays aussi vulnérable qu’Haïti!

Contrairement au risque sismique qui est la probabilité qu’un séisme puisse engendrer des destructions et faire des victimes, l’aléa sismique est cette probabilité qu’un SEISME DESTRUCTEUR se produise dans une région donnée.

En effet, le monde a connu d’énormes désastres naturels ; notamment le séisme du 12 janvier 2010 qui, en l’espace de 35 secondes, occasionna la mort de plus de  275,000.00 de nos compatriotes.

Etait-il possible de réduire l’ampleur des dégâts ? Quelle est donc la situation d’Haïti face aux aléas sismiques ? Comment réduire les probabilités de destruction du pays face à un séisme majeur ?

En ce sens le Dr Sadrac ST Fleur nous exhorte à utiliser le rêve Dessalinien pour aborder ce problème fondamental et commun à la nation. Cet idéal traduit dans l’hymne présidentiel rédigé par Oswald Durand qui acclame:

Quand nos aïeux brisèrent leurs entraves

Ce n’était pas pour se croiser les bras

Pour travailler en maîtres les esclaves

Creusons le sol légué par Dessalines

Notre fortune est là dans nos vallons

 

 

 

Tandis que Justin Lhérisson, à travers  l’hymne national nous intime à marcher unis :

Pour le pays, pour la patrie

Marchons  unis, marchons unis

 

Un fait est certain: de par sa position géographique, Haïti tient une place privilégiée quant aux catastrophes naturelles, tel cyclones, glissements de terrain, séismes, tsunami etc. Même si c’est impossible de prédire le moment de leur occurrence, cependant la possibilité que des séismes dévastateurs se produisent est bien réelle.

Le conférencier nous a aussi enseigné que le séisme du 12 janvier 2010 n’a pas été tant meurtrier à cause de sa magnitude mais plutôt parce que le risque qu’il représentait le rendait propice. Ce risque étant la combinaison de la susceptibilité d’occurrence et de l’opportunité. La susceptibilité d’occurrence déterminée en grande partie par la position d’Haïti par rapport aux plaques, l’opportunité étant des constructions anarchiques.

Suite à ce séisme, on voyait renaître les haïtiens qui conjuguaient leur effort afin de sauver des vies. Conscientiser par l’ampleur des dégâts, ils se promettaient d’élever désormais leur bâtis en conformité aux normes de construction afin de limiter les pertes humaines et matérielles.

Néanmoins force est de constater qu’ils ont failli à leur promesse, la majorité des constructions d’aujourd’hui continuent de déroger aux normes, ce qui rend la population encore plus vulnérable à un éventuel séisme.

Nous devons faire appel à notre conscience Dessalinienne pour mieux nous préparer contre les risques sismiques. D’abord en construisant mieux, ensuite en instruisant la population sur ce que représente un séisme et le comportement à adopter avant, pendant et après une secousse sismique.

Le Dr Sadrac ST Fleur nous a fourni une liste non exhaustive :

  •        Construire selon les normes établies ;
  •        Fixer solidement les meubles lourds et les appareils ;
  •        Distinguer les espaces sécuritaires pour s’y abriter ;
  •        Suivre une formation en secourisme, etc.

 

En 1804, cet esprit d’unité a animé notre Héros, qui jusqu’à la dernière bataille s’est livré corps et âme dans la lutte pour l’Indépendance. Que ce même esprit nous anime aujourd’hui, pour qu’ensemble, unis dans le même esprit nous puissions faire face aux risques sismiques.

 

 

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[1]Opinion d’un professeur à la Conférence

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