Premières impressions d’une observatrice

Unifa

“Le savoir est le pouvoir”, dit-on. Ce qui sous-entendrait que celui ou celle ayant la Connaissance posséderait les clefs du monde. Ce qui nous ramène à l’évidente conclusion que parvenir au sommet implique une condition sine qua non, étudier et apprendre par l’expérience des choses. Il faut du temps pour assimiler que ce que nous croyons savoir n’est vrai que lorsque nous l’expérimentons. La connaissance sans l’expérience ne vaut pas grand-chose. Il en est de même de l’expérience qui est bancale sans la connaissance. Et certains l’ont bien compris.

L’affluence des étudiants, en ce mardi matin, dans les salles des Facultés de Médecine, Odontologie, Sciences Juridiques et Politiques, Sciences Infirmières, Génie, Physiothérapie de l’UNIFA semble corroborer ces dires. Existe-t-il un sentiment plus satisfaisant que de voir la jeunesse d’un pays appliquée à l’étude ? Une vision plus exaltante que de savoir que le Futur de tout un pays soit assuré? Du point de vue socio-éducatif, il n’en est de plus grand en tout cas. Pas à ma connaissance. Bien que je n’ai jamais eu à enseigner à qui que ce soit, je sais que voir les élèves, pour qui ils ont dépensé tant d’énergie au cours de leurs années d’études, parvenir à la tête du pays, d’un gouvernement ou d’un cabinet rend si fiers les enseignants.

Ceci étant dit, des souvenirs me viennent à l’esprit de mon premier contact avec ce milieu universitaire. En suivant l’allée menant à l’Administration, j’ai remarqué des étudiants ci et là avec des cahiers de notes en train de réviser (ce qui est tout à fait normal vu que les examens approchent à grands pas) ou d’étudier, d’autres se rendaient en salle pour les cours et certaines parlaient entre eux. Des professeurs, à en juger par leur démarche vive et la façon dont les groupes se dispersaient pour les laisser passer, faisaient leur apparition sur la cour combien grande de l’UNIFA. Tout en examinant avec attention ce tableau tellement porteur d’espoir ; un détail, cependant, a attiré mon attention. J’étais intriguée et je souriais devant la passion qui animait quatre jeunes alors qu’ils exposaient leurs points de vue au sujet d’une jeune femme ayant des problèmes d’intégration suite au comportement agressif de son petit copain. Elle est devenue une marginale tant elle en a bavé. Ils parlaient intelligemment. L’un posa le problème de la violence subit par les femmes qu’il faudrait éradiquer en instruisant le plus de jeunes filles possibles en Haïti, le second souleva la carence des institutions de prise en charge qui, selon lui, est un facteur important de l’intégration de toute personne vivant avec un traumatisme. En dernier lieu, le troisième jeune homme pense que l’education donnée au sexe masculin a son grand rôle à jouer dans la décrépitude de cette société que nous voulons changer. Les enfants, de sexe masculin et féminin, ne grandissent pas libres et égaux en droits, les privilèges ne sont pas équitablement accordés. Et c’est la racine de tous nos maux. Et force était d’admettre qu’il n’a pas tort. On a beau dire que « L’argent est la racine de tous les maux », la défaillance de notre système éducatif ne l’est pas moins pour notre chère Haïti.

La véracité de ces propos, la force de caractère en marge de cette capacité d’analyse et l’incontestable détermination de ces jeunes sont la preuve que l’education et l’instruction sont des éléments décisifs au tournant d’une vie, d’un groupe, d’une communauté, d’un peuple voire d’un pays.

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