Jeudi de l’UNIFA : deux hymnes au cœur des débats
L’Université de la Fondation Dr Aristide a accueilli, le jeudi 22 octobre 2026 à l’auditorium de son campus, un panel de neuf étudiants autour du sens et des fondements de deux hymnes : la Dessalinienne et celui de l’institution. Cette troisième édition des « Jeudi de l’UNIFA » de l’année académique 2026-2027 a réuni toute la communauté universitaire. À travers une réflexion historique, littéraire et musicale, les représentants des différentes facultés ont confronté les deux hymnes afin d’en explorer les origines, les messages et la pertinence face aux défis actuels du pays. Ils ont notamment mis en lumière les liens entre mémoire nationale, identité universitaire et émancipation par le savoir.

Les premières interventions ont retracé l’histoire des deux hymnes. Selon les panélistes, la Dessalinienne a été créée en 1903, à l’occasion du centenaire de l’indépendance d’Haïti, à l’issue d’un concours visant à remplacer l’ancien chant national. Les paroles sont de Justin Lhérisson, et la musique de Nicolas Fénélon Geffrard. « Cet hymne rappelle les luttes et les sacrifices des ancêtres pour la liberté du peuple haïtien. Son nom rend hommage à Jean-Jacques Dessalines, notre héros de l’indépendance. La Dessalinienne a été adoptée comme hymne national en 1904 et symbolise le patriotisme, l’unité nationale, la liberté et l’indépendance », a déclaré le premier intervenant.
L’hymne de l’UNIFA, pour sa part, a été pensé, écrit et composé par le président de l’institution, le Dr Jean-Bertrand Aristide. « L’hymne de l’UNIFA est un chant consacré à l’éducation et à la mission de l’UNIFA. Il met en valeur l’éducation, la science et la connaissance comme moyens de progrès. […] Il encourage l’accès à l’éducation sans exclusion et le développement de la pensée autonome, mais il présente aussi le savoir comme un moyen d’émancipation intellectuelle et sociale », a ajouté l’un des étudiants.
Malgré leurs différences, les deux chants convergent vers des idéaux communs : l’unité, la liberté, la fraternité et la responsabilité collective, ont expliqué les panélistes. Si la Dessalinienne rappelle le prix de l’indépendance, l’hymne de l’UNIFA invite à préserver cette liberté par la connaissance et la formation.
Les échanges ont également souligné la portée émotionnelle des deux hymnes. Le chant national suscite la fierté patriotique et rappelle les sacrifices des générations précédentes. L’hymne de l’Université renforce, de son côté, le sentiment d’appartenance à la communauté universitaire et encourage les étudiants à mettre leurs compétences au service du pays.
Les deux chants sont aussi complémentaires, ont estimé les intervenants. La Dessalinienne représente la récolte des combats passés, et l’hymne de l’UNIFA, les semences de l’avenir. Autrement dit, honorer l’histoire ne suffit pas ; il faut aussi préparer des générations capables de poursuivre l’œuvre de construction nationale.
Cette réflexion prend tout son sens dans le contexte haïtien actuel, marqué notamment par l’insécurité, les difficultés économiques et les divisions sociales et politiques. Pour les panélistes, ces réalités ne rendent pas les idéaux de la Dessalinienne dépassés. Elles rappellent, au contraire, l’urgence de renforcer la cohésion nationale et de défendre les libertés.

La même exigence s’applique à l’hymne de l’UNIFA : la promotion de l’éducation, de la science et de la dignité humaine doit se traduire par des actions concrètes, notamment en matière d’accès au savoir et de formation de citoyens responsables.
La rencontre a enfin mis en évidence la complémentarité entre identité nationale et appartenance universitaire. Apprise dès l’enfance, la Dessalinienne accompagne les Haïtiens lors des grandes cérémonies civiques et des moments de rassemblement national. L’hymne de l’UNIFA, découvert au cours du parcours universitaire, exprime une appartenance institutionnelle fondée sur l’apprentissage et l’engagement collectif, ont précisé les étudiants.
Au terme des échanges, un message s’est imposé : chanter un hymne ne consiste pas seulement à célébrer une histoire ou à affirmer une identité, c’est aussi accepter de vivre selon les valeurs qu’il proclame. Entre la liberté conquise par les ancêtres et l’émancipation portée par l’éducation, les deux chants rappellent que l’avenir d’Haïti dépend autant de la préservation de son héritage que de sa capacité à former une jeunesse instruite, solidaire et engagée.






