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La deuxième journée scientifique : une journée de double célébration et de don de sang à l’UNIFA

Le mardi de la semaine scientifique aurait pu se dérouler comme un autre jour de la Semaine Scientifique à l’UNIFA. Mais il ne s’agit pas uniquement d’un mardi de Semaine Scientifique : on est le mardi 18 mai 2021. Une date importante dans l’Histoire d’Haïti. Le mardi qui marque la 218ème année de la création de notre drapeau et journée de l’Université, donc un mardi à commémorer.
A journée spéciale, programmation spéciale : C’est donc un gai couplet de l’hymne à la jeunesse qui retentit dans l’assistance, à savoir ‹‹ Nous te voulons, chère Patrie, puissante et forte à tous les yeux. Nous te voulons, terre bénie, digne à jamais de nos aïeux. Libre et prospère, ils t’ont léguée à leurs enfants, nous qui t’aimons. Avec ardeur dans la mêlée, pour ton salut nous lutterons. C’est nous, jeunesse étudiante. C’est nous, les grands, nous, les petits. Demain, la gloire d’Haïti. Les cœurs joyeux, l’âme fervente, toujours en avant nous irons la tête altière et hauts les fronts. ››
Après avoir prononcé ces belles paroles qui répandent le parfum du patriotisme, le Dr Ernst Noël, Directeur du Programme National de Sécurité Transfusionnelle, introduit par Dr Daphnée Benoît Delsoin, fit un diagnostic patriotique après avoir mis en lumière les différents problèmes du pays qui non seulement fragilisent la vie des haïtiens, mais les obligent également à côtoyer la mort. A chaque instant. De manière constante.
Il montra combien les demandes en pochettes de sang sont fréquentes et nombreuses et comment il est difficile d’y pourvoir : ‹‹ Un accident de la route, une blessure par balles, un accouchement par césarienne, autant d’imprévus qui mettent chaque jour des patients.es sur la fine ligne entre la vie et la mort et où une transfusion sanguine peut se révéler indiscutablement indispensable. La demande en pochette de sang par année est d’ordre de 110.555, alors qu’en moyenne nous ne disposons que de 6.250 par année ››.
Mais ce n’est pas le seul souci lié à la transfusion sanguine en Haïti : ‹‹ Nous ne faisons pas payer pour donner des pochettes de sang aux accidentés.es, aux femmes enceintes en situation d’accouchement difficile ou à quiconque dont l’état requiert une transfusion sanguine, il est clairement indiqué qu’au Centre, nous ne recevons pas d’argent pour cela. Si à un moment ou à un autre, vous dûtes payer pour obtenir du sang, c’est ce vous avez été victime d’escroquerie ››.
En ce jour de la fête du drapeau et de l’Université, il convia la communauté étudiante de l’UNIFA à poser un geste citoyen, pour reprendre ses mots, un geste d’appartenance à la communauté : ‹‹ Il n’est pas essentiel de savoir ce qu’on a fait de nous, mais ce qu’on fait de ce qu’on a fait de nous. Tout savoir exige une concession. Je vous invite à poser cet acte d’abnégation ce matin alors qu’on célèbre notre drapeau. Faire don de votre sang si vous êtes en état de le faire, c’est sauver la vie de huit bébés ou de trois adultes en situation d’urgence ››.
A ce cri du cœur, l’UNIFA a répondu avec joie car le 14 Mars dernier, le Président de Aristide avait déjà dit : Don de sang, don de soi. Entre diagnostic patriotique, chants, danses, morceaux exécutés à l’instrumental, des pochettes vides se remplirent avec des gouttes de don de soi afin de servir les autres comme l’ont fait nos ancêtres. Afin qu’aujourd’hui nous soyons en mesure de fêter deux centenaires de la création de notre drapeau.
Car ce que nous rappellent notre drapeau et notre rôle en tant qu’aspirants.es à l’excellence c’est le devoir, l’honneur, l’amour, l’unité et la solidarité entre tous les fils et toutes les filles d’Haïti, y compris entre ceux/celles qui ont besoin de sang et ceux/celles qui peuvent en donner. En un mot, les Universitaires se dirigent vers la Science et non vers l’escroquerie.

Semaine Scientifique du 17 Mai au 22 Mai 2021/ Diagnostic : Entre Sciences et Escroquerie/ Photos de la deuxième journée

Dr Edelyne Francisque, Professeure à l’UNIFA
Dr Ernst Noël, Directeur du Programme National de Sécurité Transfusionnelle
Concours de chimie organique
Don de sang à l’UNIFA

Semaine Scientifique du 17 Mai au 22 Mai 2021/ Diagnostic : Entre Sciences et Escroquerie/ Troisième journée

Après deux journées remplies, la Semaine Scientifique se poursuit à l’UNIFA. Ce mercredi 19 mai 2021 marque donc la troisième journée de cette période particulière pour la communauté estudiantine de l’Université de la Fondation Dr Aristide.

Les deux conférences de la troisième journée
Deux conférences viennent agrémenter la matinée de cette journée. La première est une intervention de l’Ambassadeur Cesar Alberto Faes suivie de la Pharmacienne Marie Ener Jean Jacques.
‹‹ Vérité scientifique et changement de paradigme ›› est le sujet autour duquel s’axe l’intervention de M. Faes. Il montre dans son discours comment les voies Science et Paradigme se croisent souvent et combien est important le rôle des paradigmes dans les avancées de la science : ‹‹ La science n’est pas linéaire. Elle fait des progrès et ces progrès s’effectuent d’abord par les discussions. Les paradigmes révolutionnent la science ››.
Cependant, explique-t-il, autant que les paradigmes éclairent la route de la science, autant ils peuvent lui faire de l’ombre. Autant ils sont bénéfiques et sont à la base de grands progrès scientifiques, autant ils savent être des obstacles et s’avèrent parfois être des causes de troubles et de confusion au sein de la communauté scientifique. Situations qui favorisent également des occasions d’escroquerie dans le milieu. A cela, l’Ambassadeur Faes donne une explication : ‹‹ La science est soumise aux paradigmes. Quand les paradigmes changent, il est difficile de savoir de quel côté se trouve la vérité scientifique ››.
Après de bonnes minutes passées à apprécier la prise de parole de l’ambassadeur argentin qui a exposé l’étroite corrélation entre vérité scientifique et paradigmes, l’heure vient où Mme Marie Ener Jean Jacques présente le bon usage des médicaments et les dangers pouvant sévir dans leur utilisation.
L’utilisation des médicaments dans un contexte médical est un fait normal et complémentaire pour le traitement de maladies et même quelques fois, leur prévention. Cependant, en Haïti, les précarités dans les familles au sein de la population ne permettent pas de normaliser une visite à l’hôpital à chaque malaise. Les gens se tournent donc vers l’automédication. L’automédication est la prise de médicaments sans avis médical. C’est ce qui fait l’essence de la conférence de Mme Marie Ener Jean Jacques ce matin.
Cette pratique de l’automédication n’est pas sans danger sur la santé de ceux/celles qui l’adoptent. Leur organisme peut être intolérant à un médicament à leur insu, et sans qu’ils/elles le sachent aggravent leur état au lieu de l’améliorer. Et quand enfin, ils/elles se rendent chez le médecin, l’usage de ces médicaments provoque un retard dans le diagnostic.
Prendre du thé non dosé, boire du sirop sans consultation préalable, prendre des médicaments qui ont été prescrits à quelqu’un d’autre ayant des malaises identiques à ceux en question, sont autant de formes que revêt l’automédication dans le contexte haïtien.
L’utilisation incontrôlée de ces médicaments fait grandir une autre activité en parallèle : la vente des dits médicaments, déplore la pharmacienne : ‹‹ Pour chaque symptôme, vous serez en mesure de trouver toutes sortes de médicaments dans les rues, dans les bus ››. L’ignorance des uns/unes les fait poser des actes d’imprudence en se fiant à ceux/celles qui vendent et fabriquent des médicaments.
Non seulement, nous apprend Mme Jean Jacques, ces médicaments sont souvent sans rapport avec ce dont ils/elles souffrent, et les vendeurs.ses leur en fournissent, parfois ils/elles agissent en escrocs en les leur faisant payer plus que de raison ; ces médicaments ne sont pas non plus conservés dans les conditions adéquates, ce qui fait que ces médicaments sont périmés même s’ils n’ont pas encore atteint leur dâte d’expiration.

Les présentations des Facultés
Après ces deux conférences survenues à l’Auditorium, l’attention est portée sur la Salle Polyvalente où l’UNIFA accueille des étudiants.es de la Faculté des Sciences de la Nature et de l’Agriculture qui présentent la théorie de l’Enseignement agricole, sa pratique ainsi que les actions et stratégies à mettre en place.
Pour ce faire, ils/elles se servent des résultats de leurs travaux à la ferme agricole de l’université où ils/elles passent beaucoup de temps en vue de pratiquer les théories relatives à leurs études. Ils/elles parlent également des exigences liées aux travaux dans la ferme, des difficultés qu’ils/elles ont rencontrées, les actions qu’ils/elles ont posées, les stratégies qu’ils/elles ont employées afin d’atteindre leurs objectifs ; et de l’escroquerie des marchands de plants et de semences qui trompent souvent la vigilance des acheteurs.es en les mélangeant.
Ce n’est pas tout : ils/elles doivent encore craindre les activités des bestioles et des insectes qui gâtent des récoltes. Ce qui les amène à débattre de l’escroquerie dont usent aussi certains.es travailleurs.es agricoles quand ils/elles disent que leurs produits sont totalement bio alors qu’ils se sont servis de produits chimiques, de pesticides et d’insecticides aux différents stades de leurs travaux.
La dernière présentation de cette journée est celle de la Faculté des Sciences Economiques et Administratives qui fait un rapport sur la cafétéria dont les premiers balbutiements remontent au précédent Semaine Scientifique de l’UNIFA en 2019. Les étudiants.es de cette Faculté avaient alors fait des recommandations en vue de dynamiser la gestion de la cafétéria dans le but de mieux combler les attentes des clients.es et d’en élargir la clientèle.
Ils veulent à travers ce rapport, montrer si oui ou non, des changements ont été apportés à cet effet, si les services se sont améliorés depuis, où en est le degré de satisfaction de la clientèle. Et c’est de ces grands points qu’ils/elles ont discuté parlant des suivis, des évaluations et des nouvelles perspectives pour une fidélisation de la clientèle actuelle et potentielle.

Semaine Scientifique du 17 Mai au 22 Mai 2021/ Diagnostic : Entre Sciences et Escroquerie/ Photos de la troisième journée

L’Ambassadeur de l’Argentine, Ambassadeur Alberto Faes Cesar
Mme Marie Ener Jean Jacques, Pharmacienne et Professeure d’Université
Concours de dessin/ Cardiologie