Discours du Président de l’UNIFA

Dr Jean-Bertrand Aristide

Graduation – 1er Mars 2026

NEURONE CONSCIENCE

 

Distingués Membres du Conseil d’Administration de l’UNIFA,

Distingués Membres du Rectorat, des Décanats et du Corps professoral,

Monsieur le Vice-Recteur de l’Université Quisqueya,

Monsieur le Doyen de la Faculté de Médecine de l’Université d’Etat d’Haïti,

Monsieur le Doyen de la Faculté de Médecine de l’Université Quisqueya,

Distingués Membres de la Direction de notre Hôpital Universitaire,

Très chers amis du 11me Département,

Distingués invités, chers parents,

Très chers Récipiendaires, très chers Unifaristes,

Distingués musiciens de l’Orchestre philharmonique de l’UNIFA,

Chers amis de la presse,

Mesdames, Messieurs,

A l’ombre de nos Grenadiers, Minouche et moi sommes râvis de vous saluer vertièrement.

Le 18 Novembre 2025, pour obtenir sa qualification, notre équipe nationale a gagné avec la ferveur victorieuse de Vertières. Ce matin, en compagnie des Unifaristes qualifés pour obtenir leur diplôme, nous vous accueillons avec cette même noblesse qui porta nos Aïeux vers la victoire. A vous tous, distingués invités, nous adressons cette chaleureuse bienvenue, empreinte de respect et de fierté. Votre présence nous honore profondément et mérite d’être saluée par un tonnerre d’applaudissements.

Que la joie de notre 8me graduation inonde vos coeurs et illumine les beaux rêves de nos 6048 étudiants (es) en Médecine, Sciences Infirmières, Odontologie, Sciences de Réhabilitation, Pharmacie et Sciences Biomédicales, Sciences Juridiques et Politiques, Génie et Architecture, Sciences Economiques et Administratives, Sciences de la Nature et de l’Agriculture, Education Permanente.

Chaque graduation nous invite à composer une symphonie de gratitude spéciale pour une personne spéciale. Cette année, la partition de gratitude est en Mi Majeur car il s’agit de Minouche. Dans cette symphonie, chère Minouche, les valeurs exceptionnelles que tu incarnes, telles que l’intégrité et la bienveillance, résonnent comme les violons les plus mélodieux de l’orchestre. Ton amour passionné pour l’UNIFA  et le fond harmonique de cette symphonie constituent des accords parfaits. Leurs vibrations reflètent la beauté resplandissante de cette célébration. Merci, merci du fond du coeur. Puissent nos mains exprimer ces sentiments unifaristement!

Distingués Membres du Conseil,

Votre générosité transcende les remerciements, mais la gratitude que vous inspirez brûle en nous avec une constance indélébile. Vos dons jaillissent comme une source intarissable. A travers le campus sportif, dont la clôture et celle du dortoir s’étendent sur 1735 mètres linéaires, vous offrez aux étudiants un cadre sécurisant et un environnement propice au développement de leur potentiel cognitif. Recevez un merci qui épouse l’ampleur de cette protection périmétrique. De même, en contribuant à former des citoyens honnêtes, dignes et intègres, vous offrez à la nation haïtienne des colonnes vertébrales. Nous en avons besoin. Il faut absolument doter la nation de colonnes vertébrales droites et inébranlables. Quel honneur d’admirer en vous cette ossature éthique! Respect et bravo à vous!

S’il faut 200 à 300 millisecondes pour que le cerveau reconnaisse un sourire, vous aurez déjà perçu combien mon visage est illuminé par la gratitude. Sans stéthoscope, j’écoute néanmoins les pulsations de vos coeurs dilatés par cette joie et, bien sûr, le nôtre répond en écho: merci, merci, mille fois en une salve d’applaudissements!

Monsieur le Vice Recteur,

Messieurs les Doyens des Facultés de Médecine  de l’Université d’Etat d’Haïti et de l’Université Quisquéya,

Distingués Membres du Corps professoral de l”UNIFA,

Vos succès académiques attestent de votre excellence. Vos exploits et les choix pédagogiques de l’UNIFA confirment une vérité qu’il importe de partager avec tous les éducateurs: le cerveau de l’étudiant est fondamentalement ludique, il aime apprendre par le jeu. Merci infiniment d’avoir toujours synchronisé rigueur académique et humour pédagogique.

Ekwasyon ekilibre sa fè Toto gen tan di: Yon dòz lasyans plis

Yon dòz relaks egal yon UNIFA ki pral pi popilè pase TikTòk.

Donk pou Toto, se yon UNIFA moun pra l gade plis pase TikTòk.

Chers Professeurs,

Vos nombreux talents, certes, contribuent à édifier ce temple du savoir où se dessinent des courbes ascendantes: la dopamine peut s’élèver de 40 à 100 %, et la connectivité neuronale peut augmenter  d’environ 25 %. Grâce à vous, chaque salle de classe reflète un creuset scientifique où s’épanouissent le cerveau et les neurones conscience.

Eminents Professeurs, vous qui explorez ces voies les plus nobles par lesquelles l’inttelligence se déploit, recevez, au-delà des applaudissements, un standing ovation de votre UNIFA, la prestigieuse. Oui, votre pretigieuse université, celle qui vous admire unifaristement. Encore une fois, merci de tout coeur et chapeau!

Chers parents,

Youn nan pi bèl rèv Grenadye yo se te kalifye pou mondyal la.

Demèm, youn nan pi bèl rèv ke nou menm paran te genyen,

Se gradyasyon pitit nou; kòm tou 2 bèl rèv sa yo reyalize,

Nou fè 2 kabès e nap manifeste lajwa sa ak yon bravo marasa.

Nou merite anpil respè pou tout sakrifis nou deja fè

Paske chay edikasyon an Ayiti pa janm leje.

Plis mwen imajine jan papa ak manman travay di

Pou edikasyon pitit yo, plis m anvi koube pi ba pou

Salye kouraj nou e anbrase nou fratènèlman.

Si pwovèb la di: kote ki gen chenn pa gen kou,

Nan gradyasyon UNIFA, kou paran yo toujou

Gen bèl chenn lanmou ki fèt ak may:

Je t’aime manmie, je t’aime papi.

E meday ki pandye nan chenn lanmou sa yo

Pa fèt ni an bronz, ni an ajan men an nòòr.

Wi, lò ki rele lò; lò ki pa ret ak lò paske

Se lò ki raple nou chak paran se yon boul lò.

Yon lòt bèl bèl rèv ekip nasyonal la genyen, se kale Brezil.

Konsa tou, m sèten nou menm paran, nou gen lòt bèl rèv tou.

Se pou sa, UNIFA avè mwen swete pou ni Grenadye yo,

Ni nou menm paran, nou ranpòte laviktwa sou tout advèsè

Nou pral rankontre sou wout nou, espesyalman ekip foutbòl

Ke tout Ayisyen ki  bò isit oubyen aletranje ta renmen kale a.

Viv yon Ayiti-Brezil kap mate balon fratènite a chak jou pi wo!

Chers Récipiendaires,

Si nos yeux admirent la beauté de vos tenues et coiffures, ils ne peuvent hélas percevoir les métamorphoses de votre cerveau. En fait, vos plus beaux changements échappent au regard. Enumérons avec joie quelques unes de ces métamorphoses invisibles.

Au cours de votre cycle d’étude à l’UNIFA, votre matière grise a sans doute augmenté d’environ 2 à 3 %, sculptant dans votre cortex des sillons nouveaux qui vous permettent de développer votre intelligence. Dans les circuits de votre mémoire, plus de 700 nouveaux neurones sont nés chaque jour. Ceux qui ont survécu ont nourri votre mémoire tout au long du chemin vers la graduation, ce beau rêve que vous avez toujours carressé. Sans ces nouveaux neurones, et ce que moi, j’appelle les neurones conscience, votre parcours académique n’aurait pas été si riche. Anfèt, sin pa rich an dola vèt, nou rich an konesans, paske konesans se richès. Ochan pou nou!

Chers Récipiendaires,

Chaque nuit blanche consacrée aux études, chaque ouvrage patiemment sruté, chaque équation résolue, a gravé une trace lumineuse dans vos réseaux neuronaux. Comme vous le savez, au terme d’un parcours académique, le cerveau célèbre sa métamorphose silencieuse. La force synaptique peut alors s’élever de près de 150 % après un apprentissage intense. Ces changements au niveau cérébral sont en corrélation avec la maturation de votre conscience professionnelle et le miracle invisible qui s’accomplit, jour après jour, sur ce campus. Puisse la plasticité neuronale affûter continuellement votre regard scientifique.

Donk, se pa tèt kale se je kale; se pa kale tèt,

Se kale je anba limyè syans ak konsyans. 

M pa sezi wè jan gradyasyon nou an chaje

Ak “gotha,  gotha”, je kale. Bravo pou nou!

Et maintenant surgit cette question fondamentale: Pourquoi la terre d’Haïti doit-elle  compter sur vous? A la lumière des neurones conscience, la réponse est simple et claire:          

Un cerveau qui s’élève doit élever le pays. Un cerveau qui se transforme doit devenir ferment de transformation collective. Oui, à la lumière des neurones conscience, le changement accompli en vous doit désormais s’opérer à travers le corps social.

Vous aspirez légitimement à intégrer l’élite de ce pays. Mais, êtes-vous prêts à incarner une élite imaginaire ou celle qui allie science et conscience? Rappelez-vous, pour contribuer à guérir notre pays souffrant de négligence spatiale unilatérale, nos élites ne doivent être ni des anosognosiques politiques, ni des analphabètes politiques.

Chers Récipiendaires,

A un moment où la restitution, longtemps combattue par les esclaves mentaux, réclame un renouveau pour bien gérer, au moins, les 21 milliards de dollar, préparez-vous, jeunes professionnels intègres et talentueux, à y participer pleinement. A l’instar de Toussaint Louverture, le Génie de la race et de Jean-Jacques Dessalines, Père de la Patrie, il faudra  transcender les différences idéologiques, restituer la sécurité, la santé et la justice aux victimes du système neocolonial. Unis par et pour la Patrie commune, nous devrons restituer  la dignité de notre Peuple opprimé, appauvri et humilié.

Un milliard de dollars, un seul, suffit à financer:

  • 20 hôpitaux modernes de 100 à 150 lits,
  • 250 écoles entièrement équipées,
  • 5.000 salles de classe rénovée,
  • 400 kilomètres de routes neuves,
  • Micro-crédit, électricité et de l’eau potable pour notre Peuple.

 

Avec 21 milliards, imaginez-vous, la nouvelle Haïti peut avoir:

  • 420 hôpitaux modernes,
  • 250 écoles entièrement équipées,
  • 105.000 salles de classe rénovées,
  • 400 km de routes neuves,
  • Micro-crédit, électricité et de l’eau potable pour notre Peuple.

Se pou sa, ata Toto, wi menm Toto chofe ablan pou

Depi kounye a nou fini nèt nèt ak koze ensekirite a.

Kòm sèjousi, Toto ap prepare l pou l al abitre match

Nan mondyal la, maten an l di m: swiv byen pou wè,

Gòl ensikirite toujou awoutsay. Lè m mande l pouki sa

Ou di gòl ensekirite toujou awoutsay? Toto reponn:

Paske lè w gade nan va, liy ki trase a montre tèt jwè a

toujou awoutsay pandan pye l anndan kare ensekirite a.

E dayè, vrè kapitèn ekip la toujou awoutsay teren an:

Li kache dèyè bèl kostim, bèl kravat ou bèl talon kikit.

Touswit aprè, m mande Toto, pouki sa menm lè match la

Deja nan 90 minit, plis pwolongasyon sou pwolongasyon,

Pa janm gen kout siflè final? Toto reponn, m pa konnen,

Non m pa konnen; men, m gen yon bon zanmi m ki ban m

Bon jan sewòm patriyotik lè li di m: pa gen kout siflè final,

Men pral genyen; e pral genyen kout siflè final, kou Pèp la

Bradsou bradsa ak lapolis, monte teren an ‘vertièrement.’

Kidonk menm jan Grenadye yo te fè l pou kalifikasyon an.

Pèp Ayisyen, jwèt pou nou. Kreyòl pale, Kreyòl konprann!

Nan jwèt demokratik, va se Pèp la e fòk abit la respekte va.

Konsa,

  • Pou zotobre ki se gang ak kravat, katon wouj!
  • Pou politisyen blofè ki trayi Pèp la, katon wouj!
  • Pou kriminèl kap fè kidnaping, katon wouj!
  • Pou mechan kap programe lamizè, chomaj ak grangou, katon wouj!
  • Pou move je ki refize debloke ni ayewopò ni wout yo: katon wouj.

Si pwovèb la di tout jwèt se jwèt, kwòchèt pa ladan l,

Maten an, nou ka di : tout jwèt se jwèt men jèt mètdam

Pou kontinye bloke avni jenès ayisyèn nan, pa dwe ladan l.

Nan sans sa, konplis ki refize kite lapolis

Libere peyi d Ayiti anba tout gang yo,

Nap ba yo katon jon ou katon wouj?

Katon wouj pou mechan, katon solidarite

Pou tout viktim ki swaf wè bèl Ayiti a!

Ann pwofite ankouraje ni viktim lòt bò dlo ki swaf retounen lakay,

Ni viktim kap soufri bò isit ak yon kokenn aplodisman solidarite.

Ma maman et mes beaux parents, affectuesement papi Milo et manmie Came, sont partis pour le paradis avant de voir cette nouvelle Haïti. Le 6 Mai 2021, lors de la célébration de son centenaire, ma maman a offert 100 bourses d’études. Li di: m ta renmen wè plis timoun vin Agwonòm. Choz di, choz fèt. Men pwomosyon an. Nou envite yo kanpe pou n aplodi yo!

De la célébration de son centenaire à nos jours, 578 étudiants (es) en Agronomie ont bénéficié de cette bourse d’étude. Sa a se twòket nouvèl la. Men chay la:

Ni Christine kap travay e etidye pou l vin medsen,

Ni Michaëlle ki pra l resevwa doktora l nan 2 mwa,

Ni Minouche avè m, nou fè youn ak tout manm konsèy la

Pou anonse nan non manman m: Apati de jodia, tout jèn fi,

Tout jèn gason ka etidye agwonomi nan UNIFA gratis ti cheri.

Humblement, cette bonne nouvelle confirme que les neurones conscience sont nombreux à l’UNIFA. Puissions-nous en promouvoir une croissance exponentielle!

En conclusion,

Chers Récipiendaires, ce n’est qu’un au revoir avant de nous revoir à la bonne adresse :  Là où votre Alma Mater vous réserve d’abord de l’amour, puis de l’amour et enfin de l’amour.

Puissiez-vous partager cet amour tout au long de votre carrière et briller comme d’habitude!

Oui brillez et célébrez vos succès au rythme syncopé du compas direct.

Très fière de vous, votre Alma Mater vous embrasse affectueusement et vous souhaite bon voyage! Loin des yeux, près du coeur, son amour exhale un parfum d’éternité.                                                                          Gravé à jamais dans la paroi de ce coeur qui vous aime, votre nom y demeurera pour toujours.

Unifariste un jour, Unifariste toujours!

Unifariste un jour, Unifariste toujours!

A vous tous que j’aime beaucoup,

Succès, Bonheur et beaucoup d’Amour!

Merci

 

Le 7 février : entre mémoire historique et fondement démocratique

L’Université de la Fondation Dr Aristide a accueilli, le 12 février 2026, dans le cadre des « Jeudis de l’UNIFA » de l’année, quatre étudiants issus respectivement de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques, de la Faculté des Sciences Biomédicales et de Pharmacie, ainsi que de la Faculté de Génie et d’Architecture, pour une réflexion consacrée à la portée politique du 7 février en Haïti. À la lumière des sciences politiques, cette rencontre académique a permis de revisiter un moment charnière de l’histoire nationale : le 7 février 1986.

Pour les intervenants, cette date marque un tournant majeur dans la trajectoire politique haïtienne. Après plusieurs années de dictature, Jean-Claude Duvalier quitte le pouvoir, mettant fin à un système caractérisé par la personnalisation extrême de l’autorité, la répression systématique et la restriction des libertés publiques. Toutefois, ont-ils souligné, la chute d’un régime ne signifie pas nécessairement l’éradication immédiate des pratiques autoritaires. Elle ouvre plutôt un champ de reconstruction, où se posent avec acuité les questions de la légitimité, de l’institutionnalisation et de la refondation de l’ordre politique.

Les étudiants ont structuré leur intervention autour d’une problématique centrale: dans quelle mesure le 7 février peut-il être considéré comme un moment fondateur de la vie politique haïtienne, révélant à la fois la rupture avec la dictature, la quête de légitimité démocratique et les fragilités des institutions?

Trois axes d’analyse ont guidé leurs réflexions:

Le premier axe a présenté le 7 février comme une rupture autoritaire et un point d’entrée dans un processus de transition politique. Le régime des Duvalier reposait sur une concentration du pouvoir entre les mains d’un individu ou d’un cercle restreint, avec un recours constant à la répression et une marginalisation de la participation citoyenne. La chute de Jean-Claude Duvalier en 1986 a ainsi constitué la fin formelle de la dictature. Depuis, le 7 février est devenu la date symbolique d’ouverture de la démocratie haïtienne, consacrée par la Constitution de 1987 comme point de départ et de fin de chaque mandat présidentiel.

Le deuxième axe a mis en évidence la dimension symbolique du 7 février. Entrée dans la mémoire collective comme un moment de bascule historique, cette date a progressivement été institutionnalisée. La Constitution de 1987, amendée en 2011, a fait du 7 février la référence juridique encadrant la temporalité présidentielle. Ce passage du symbole à la norme traduit un processus par lequel un événement historique devient une règle de droit. La loi vient ainsi formaliser et consacrer une date chargée de mémoire collective. Les étudiants ont également relevé que le 7 février est régulièrement mobilisé dans les discours politiques pour légitimer ou délégitimer un pouvoir en place, ce qui témoigne de sa force symbolique persistante.

Enfin, le troisième axe a abordé le 7 février comme principe d’institutionnalisation et mécanisme de légitimation du pouvoir. En fixant constitutionnellement cette date, le système politique haïtien s’est doté d’un repère juridique structurant la temporalité de la présidence et participant à la stabilité du régime démocratique. Le 7 février agit ainsi comme une frontière constitutionnelle, rappelant le caractère limité de l’exécutif et l’obligation d’alternance. Il constitue également une date de reconnaissance institutionnelle et sociale du pouvoir, incarnant l’ordre constitutionnel, la continuité républicaine et le pacte démocratique.

L’investiture du Président Jean-Bertrand Aristide, premier dirigeant élu démocratiquement au suffrage universel en Haïti, le 7 février 1991, est venue renforcer la portée institutionnelle et symbolique de cette date. Elle a consacré le 7 février comme l’expression tangible de la volonté populaire et de la légitimité démocratique. Dès lors, cette date s’est imposée non seulement comme un repère constitutionnel structurant la temporalité du pouvoir exécutif, mais également comme un symbole fort de participation citoyenne et d’alternance politique.

À l’issue des interventions, un débat nourri s’est engagé entre participants et intervenants. L’échange a permis de revisiter les enjeux historiques et institutionnels liés au 7 février, tout en interrogeant les défis contemporains de la démocratie haïtienne.

Au-delà du rappel historique, cette activité académique a mis en lumière l’importance de penser les dates fondatrices non seulement comme des souvenirs, mais comme des structures normatives qui continuent de façonner la vie politique nationale.

 

AVIS DE DÉCÈS

 La FSEA annonce, avec infiniment de peine, le décès de Frantz-Lee Laurent, étudiante en 1ère année A, survenu le 26 janvier 2026. Les funérailles de la très regrettée seront chantées le mercredi 04 février 2026, à l’église Internationale d’outre-mer sise à Faustin 1er, Delmas 75, à compter de 6h30.

                                                               

Une semaine d’examens entre stress, silence et espoir de réussite

L’Université de la Fondation Dr Aristide vit cette semaine au rythme des examens de la première session. Débutées le lundi 26 janvier 2026, ces épreuves constituent un moment clé d’évaluation des connaissances et des compétences acquises par les étudiants au cours du premier semestre.

Dès les premières heures de la journée, l’ambiance du campus tranche nettement avec l’effervescence habituelle des périodes de cours. La cour universitaire, ordinairement animée par les échanges et les déplacements continus, est désormais empreinte d’un calme presque solennel. Ici et là, des étudiants se regroupent en petits cercles, cahiers et notes à la main, relisant une dernière fois leurs leçons, récapitulant des formules, échangeant à voix basse avant l’épreuve à venir.

Pendant que certains peaufinent encore leur préparation à l’extérieur, d’autres ont déjà rejoint les salles d’examen. À l’intérieur, le silence est rompu uniquement par le froissement des feuilles et le regard attentif des surveillants. Chaque étudiant, concentré, tente de mobiliser ses acquis pour répondre aux exigences des sujets proposés.

Sur la cour, le décor offre une scène saisissante. Les blouses blanches des étudiants, emblématiques de l’institution, se détachent sur le paysage verdoyant du campus, offrant un contraste visuel remarquable. Mais derrière cette harmonie apparente, la tension est palpable. Les regards trahissent le stress, l’enjeu et l’espoir qui accompagnent ces moments déterminants du parcours universitaire.

Interrogés sur le déroulement des examens, des étudiants de troisième et de quatrième année de médecine préfèrent rester prudents. Sans s’avancer sur les résultats, ils reconnaissent la diversité du niveau de difficulté des épreuves. « Certaines sont complexes, d’autres plus accessibles. Mais nous comptons déployer tous les efforts nécessaires pour réussir », confient-ils, avec un mélange de lucidité et de confiance.

À l’approche de la fin des examens, prévue pour ce samedi, l’ensemble de la communauté estudiantine retient son souffle. Tous nourrissent l’espoir d’obtenir de bons résultats, condition essentielle pour poursuivre leur formation et franchir une nouvelle étape de leur parcours académique à l’Université de la Fondation Dr Aristide.

 

Intelligence Artificielle : un appel à l’esprit critique

L’Université de la Fondation Dr Aristide a accueilli ce 15 janvier, dans le cadre du « jeudi de l’UNIFA », le Doyen de la Faculté de Génie et d’Architecture, l’Ingénieur Evens Toussaint, autour du thème de l’Intelligence Artificielle (IA).

           

Il s’agit de la troisième intervention du spécialiste en « base de données et intégration de système » sur ce sujet d’actualité. Cette fois-ci, son message a été clair : les étudiants doivent prendre du recul et développer un esprit critique face à l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle.

Pour rendre accessible le fonctionnement de l’IA, l’Ingénieur Toussaint a illustré son propos à partir d’un modèle mathématique simple basé sur la prédiction. Il a expliqué qu’une droite est définie par une équation, par exemple y = 2x + 1. Lorsque la valeur de x est connue, celle de y peut être déterminée. De même, lorsque plusieurs points sont connus, ils forment un nuage de points à partir duquel un modèle peut être construit afin de prédire des valeurs.

« Au départ, on trace une droite quelconque, c’est-à-dire qu’on attribue des valeurs aux paramètres a et b. Ensuite, un algorithme teste différentes valeurs de ces paramètres afin d’ajuster la droite au nuage de points et de minimiser les erreurs », a-t-il expliqué. Cette démarche, selon lui, illustre la logique fondamentale qui sous-tend le fonctionnement des modèles d’intelligence artificielle.

Au-delà des aspects techniques, le Doyen a exhorté les étudiants à ne pas se limiter à un rôle de simples utilisateurs des outils d’IA, mais à chercher à comprendre les mécanismes internes et la dynamique qui les gouvernent.

                 

L’Ingénieur civil a également abordé la question des fonctionnalités émergentes de l’IA. Il a cité l’exemple d’un      modèle entraîné à traduire le français vers l’anglais, et l’anglais vers l’espagnol. À la surprise des concepteurs, le modèle s’est montré capable de traduire directement du français vers l’espagnol, bien qu’il n’ait pas été explicitement entraîné pour cette tâche. Cette capacité dite « émergente » alimente aujourd’hui certaines inquiétudes quant aux limites futures de l’intelligence artificielle.

En conclusion, le Doyen de la Faculté de Génie et d’Architecture a insisté sur la nécessité, pour les étudiants, de toujours vérifier les informations et les réponses fournies par l’IA. Développer un esprit critique demeure, selon lui, indispensable pour une utilisation responsable de ces technologies. Il a enfin appelé à une adaptation des programmes de formation, afin que l’université ne devienne pas « un musée du savoir oublié », mais reste en phase avec les évolutions technologiques contemporaines.

À travers cette conférence, l’Université de la Fondation Dr Aristide confirme son engagement à offrir à ses étudiants une formation ancrée dans les réalités contemporaines et ouverte aux grandes mutations technologiques. En donnant la parole à des cadres académiques de haut niveau et en encourageant une réflexion critique sur des enjeux majeurs comme l’intelligence artificielle, elle confirme sa volonté de former non seulement des professionnels compétents, mais aussi des citoyens capables de penser, d’analyser et d’agir de manière responsable dans un monde en constante évolution.

 

             

Transmission du formulaire de régularisation de la prime d’assurance médicale

Université de la Fondation Dr Aristide

05 Janvier 2026

 

Objet : Transmission du formulaire de régularisation de la prime d’assurance médicale

Chers étudiants (es),

La Section Comptabilité & Administration vous adresse ses meilleurs vœux au seuil de cette nouvelle année.

Dans le cadre de la mise à jour obligatoire de nos dossiers administratifs relatifs à la couverture médicale, nous vous informons qu’un formulaire de vérification et de régularisation de votre prime d’assurance médicale vous est désormais transmis.

Ce document a pour objectif de confirmer votre situation actuelle, de préciser vos engagements de paiement et de garantir votre conformité aux règlements en vigueur.
À cet effet, vous êtes prié(e) de remplir avec exactitude l’ensemble des informations demandées, notamment celles relatives au paiement, aux dates prévues de régularisation ainsi qu’à votre reconnaissance du caractère obligatoire de la prime d’assurance médicale.

Nous vous demandons de retourner le formulaire dûment complété dans les plus brefs délais, afin d’éviter tout retard supplémentaire dans la mise à jour de votre dossier.

Vous remerciant de votre collaboration et comptant sur votre diligence,
Veuillez agréer l’expression de nos salutations distinguées.

Section Comptabilité & Administration

Lien vers le formulaire : https://unifa-edu.info/contenu/transmission-du-formulaire-de-regularisation-de-la-prime-dassurance-medicale/

 

La Fondation Dr Aristide au chevet de la population: une clinique mobile porteuse d’espoir et distribution de jouets

La commune de Tabarre a vécu, ce mardi 23 décembre, une journée placée sous le signe de la solidarité, du partage et de l’engagement communautaire. La Fondation Dr Aristide a organisé une clinique mobile au bénéfice des habitants de la région et des communes avoisinantes, offrant des services de santé essentiels à une population fortement affectée par les difficultés d’accès aux soins.           

Dès les premières heures de la matinée, un millier de personnes  hommes, femmes, enfants et personnes âgées,se sont rassemblées dans les locaux de la fondation. Dans une ambiance marquée par l’espoir et l’enthousiasme, les bénéficiaires ont patienté à l’auditorium pour recevoir des soins médicaux gratuits.

Pour assurer le bon déroulement de cette activité, un personnel soignant composé de médecins, dentistes, physiothérapeutes et infirmières, formés à l’Université de la Fondation Dr Aristide, a été mobilisé. Des délégations d’étudiants en sciences de la santé ont également pris part à cette initiative, mettant leurs compétences au service de la population. De la malnutrition aux douleurs musculaires, en passant par diverses affections courantes, un large éventail de conditions a été pris en charge.

           

Selon un membre du personnel médical, la clinique mobile accordait une attention particulière à la santé infantile. « Nous allons consulter les enfants, leur donner des jouets et partager un moment de joie avec eux. C’est toujours un privilège, pour un médecin, de mettre ses compétences au service d’une catégorie aussi vulnérable que les enfants », a-t-il souligné.

            

Les bénéficiaires n’ont pas caché leur satisfaction. Un parent accompagnant ses enfants a salué l’initiative, rappelant que l’accès aux soins de santé demeure un défi majeur en Haïti, surtout dans les zones défavorisées, une situation aggravée par le contexte sécuritaire. Pour beaucoup d’enfants présents, cette clinique mobile représentait leur toute première consultation médicale.

     

Jefferson, un adolescent d’environ quinze ans, a exprimé sa gratitude envers le Président Jean-Bertrand Aristide pour cette initiative. Il a expliqué que cette clinique lui a permis, ainsi qu’à son jeune frère, de consulter un médecin pour des problèmes de peau qui persistaient depuis plusieurs mois. Un témoignage parmi tant d’autres qui illustre l’impact concret de cette action humanitaire.

Grâce à une organisation logistique efficace, la journée s’est déroulée avec succès. Les enfants ont également reçu des jouets, ajoutant une dimension festive à cette action de santé publique.

               

Au-delà des soins prodigués, cette clinique mobile a incarné un véritable esprit de solidarité, de partage et de service à la communauté. Un moment d’humanité et de compassion qui restera gravé dans les mémoires, rappelant que, même dans l’adversité, l’engagement collectif peut redonner espoir et dignité aux plus vulnérables.

                                     

          

   

 

L’UNIFA célèbre la dignité humaine dans une ambiance artistique et engagée

L’Université de la Fondation Dr Aristide a célébré la fête de la dignité, une activité d’envergure marquée par un message fort sur la valeur intrinsèque de la personne humaine, conjugué à des prestations artistiques variées qui ont tenu le public en haleine tout au long de la cérémonie.

Dans son discours d’ouverture, Mme Mildred Aristide a rappelé que la dignité humaine est une valeur fondamentale qui ne dépend ni des conditions sociales ni du regard d’autrui. « La dignité ne dépend ni de la richesse, ni du statut, ni du regard d’autrui. Elle naît avec l’être humain et l’accompagne jusqu’à son dernier soupir », a-t-elle souligné, appelant à une société fondée sur le respect, la justice et l’inclusion.

S’adressant particulièrement aux étudiants, Mme Aristide a insisté sur l’engagement de l’Université en faveur d’une éducation sans exclusion. « Chers Unifaristes, célébrer la dignité, c’est affirmer que chaque personne mérite respect, considération et justice. C’est refuser l’humiliation, le mépris, la violence et l’exclusion. Une éducation sans exclusion, voilà notre option à l’UNIFA », a-t-elle déclaré, avant d’adresser ses vœux pour l’année 2026.

Après cette intervention solennelle, la cérémonie a pris une tournure festive avec l’entrée en scène de l’orchestre de l’UNIFA. Les interprétations musicales ont mis l’ambiance à l’auditorium, rapidement gagnée par l’enthousiasme du public. Deux étudiants ont ensuite enflammé la salle, provoquant une vague de cris et d’applaudissements.

Le Club de l’Excellence a marqué l’un des temps forts de la journée avec la présentation d’un sketch intitulé « Divize pou donte », extrait du livre Haïti Haïtii (article 16). une performance à la fois engagée et appréciée, qui a porté l’ambiance à son apogée. Dans la même dynamique, une étudiante de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), accompagnée de la Chorale de l’UNIFA, a offert une prestation singulière, très applaudie par l’assistance.

La créativité estudiantine s’est poursuivie avec un hommage musical rendu à la sélection nationale de football pour ses performances lors des éliminatoires, un moment salué par une ovation prolongée. Une danse folklorique intitulée « Restitution », portée par plusieurs étudiants, a également retenu l’attention par la force de son message. Les prestations artistiques se sont ensuite enchaînées, allant de la musique à la danse, sous les ovations d’un public conquis.

Moment de reconnaissance et de fierté académique, l’Université de la Fondation Dr Aristide a profité de cette célébration pour honorer quatre anciens étudiants de la FSJP ayant brillamment réussi le concours d’admission à l’École du Barreau de Port-au-Prince.

Mme Mildred Aristide a conclu la cérémonie en félicitant les étudiants pour leur engagement et leur créativité. Pour prolonger l’esprit de partage et d’espoir, elle a procédé à l’attribution, par tirage au sort, d’une bourse d’études par faculté, avec deux bourses accordées à la Faculté de Médecine, scellant ainsi une célébration placée sous le signe de la dignité, de l’excellence et de l’espoir.

À travers cette fête de la Dignité, l’Université de la Fondation Dr Aristide affirme sa vocation d’institution engagée, où la formation académique va de pair avec la promotion des valeurs humaines, de la justice sociale et de l’inclusion. En plaçant la dignité au cœur de son projet éducatif, elle confirme son rôle de creuset de citoyens responsables, conscients de leur valeur et appelés à contribuer activement à la transformation positive de la société haïtienne.

Cérémonie de prise de coiffe et d’habit

La Faculté des Sciences Infirmières de l’Université de la Fondation Dr Aristide a organisé, ce
jeudi 11 décembre, à l’auditorium du campus, la cérémonie officielle de prise de coiffe et d’habit
pour les 158 étudiants issus de la cohorte 2025-2026. Un moment solennel, marqué par des
messages forts de solidarité, de persévérance et d’engagement humanitaire.
C’est par une citation puissante du Président Jean-Bertrand Aristide – « Si l’un de nous souffre,
nous souffrons tous. Lè nen pran kou, je kouri dlo » – que la Directrice de la Faculté des Sciences
Infirmières, Miss Marjorie Gaussain, a ouvert l’événement. Un message choisi pour rappeler le
cœur de la profession. « A travers ces mots, nous avons la preuve que tous nous sommes
interconnectés, tous nous sommes solidaires », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Ici, à l’UNIFA,
nous formons des scientifiques, mais des scientifiques compatissants, combinant chez eux rigueur
scientifique et humanité. »
Après plusieurs mois d’initiation intensive depuis la rentrée académique 2025-2026, ces étudiants
ont franchi une étape cruciale de leur parcours. La Directrice a salué leur persévérance face aux
obstacles. Elle a détaillé le programme exigeant de cette première année, qui mêle biologie,
anatomie, physiologie, introduction à la pharmacologie, principes de soins, mais aussi
assainissement, chimie, communication et psychologie. « Ces enseignements leur permettront
d’être des professionnels qualifiés pour se mettre efficacement au service de leur communauté »,
a-t-elle précisé.
À l’approche de leur première entrée en milieu hospitalier, la Directrice les a exhortés à
poursuivre leurs efforts avec détermination. S’inspirant de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines,
elle leur a rappelé une devise de persévérance : « Chers étudiants, quotidiennement, chaque jour,
vous devez vous dire pour répéter l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, je veux et je peux. »
La cérémonie a également été ponctuée d’un moment d’histoire et d’hommage. Miss Darius
Morancy a présenté la biographie de Claire Heureuse Bonheur, première infirmière d’Haïti, dont
l’engagement humanitaire durant la période révolutionnaire demeure un modèle. Dévouée aux
malades, active même dans les conditions les plus difficiles, elle est reconnue comme une figure
majeure dans la valorisation de la profession infirmière dans le pays.
L’événement a culminé avec la traditionnelle prise de coiffe pour les étudiantes et la prise d’habit
pour les étudiants. Dans une atmosphère empreinte de joie, de fierté et d’espoir, les 158 futurs
professionnels ont symboliquement franchi une étape déterminante de leur formation. Parents,
proches et membres de l’institution ont salué une cérémonie marquante, porteuse d’engagement
et d’avenir.
Cette promotion, officiellement engagée sur la voie des soins, porte désormais la double
responsabilité de l’excellence scientifique et de l’indéfectible humanité, incarnant l’idéal de
solidarité et de service qui a marqué cette journée mémorable.

 

Réhabilitation et handicap : l’UNIFA met en lumière un enjeu majeur pour Haïti

L’Université de la Fondation Dr Aristide a consacré son « jeudi de l’UNIFA » du 4 décembre 2025 à un sujet crucial : « L’importance de la réhabilitation dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap ». Deux spécialistes de haut niveau ont partagé leurs réflexions au cours de cette conférence. Il s’agit du Dr Handel Petit, Orthopédiste et Responsable l’Unité de Réhabilitation de l’Hôpital Universitaire Dr Aristide, et de Mme Thamar Michel, Physiothérapeute et Directrice de la Faculté des Sciences de Réhabilitation (FSR).

Le handicap, une réalité accentuée par les catastrophes

D’entrée de jeu, Mme Michel a rappelé que le handicap est considéré comme « toute limitation d’activités ou restriction de participation à la vie en société, subie dans son environnement par une personne, en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou de plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, ou encore d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant ». Un phénomène loin d’être marginal : 15 % de la population mondiale vit avec une forme de handicap.

En Haïti, cette réalité a pris une ampleur dramatique depuis le séisme de 2010, qui a laissé derrière lui des milliers de blessés, de traumatismes et d’amputations. Aujourd’hui, les chiffres font état d’environ un million de personnes handicapées dans le pays. Le séisme du 14 août 2021 a aggravé la situation, ajoutant 54 000 nouveaux cas dans le Grand Sud.

La réhabilitation : un outil puissant pour restaurer l’autonomie

Pour Mme Michel, la réhabilitation n’est pas seulement un traitement : c’est un processus global visant à permettre à la personne handicapée ou blessée de retrouver un fonctionnement optimal. Qu’il s’agisse de restaurer des capacités, de prévenir des complications ou de ralentir une détérioration, l’objectif reste le même : remettre la personne au centre et lui redonner du pouvoir d’agir.

«La réhabilitation place la personne au centre et l’aide à développer pleinement son potentiel et à participer à la société. Elle a des effets non seulement sur les individus, mais aussi sur leurs familles, leurs communautés et sur leurs économies», a-t-elle souligné.

Physiothérapie : une discipline en plein essor en Haïti

La physiothérapie, définie comme l’art et la science du traitement par l’exercice, la chaleur, le massage ou encore l’électricité, s’est imposée comme un champ indispensable, surtout après 2010. Haïti compte aujourd’hui :l’Ecole de Physiothétapie de Léogâne et la Faculté des Sciences de Réhabilitation de l’UNIFA. Cette dernière totalise déjà sept promotions diplômées.

Chirurgie et réhabilitation : un duo indissociable

Prenant la parole, le Dr Handel Petit a rappelé que la prise en charge des fractures — qu’elles soient simples ou complexes — repose sur deux options : le traitement conservateur ou la chirurgie. Mais il a tenu à nuancer :«Une chirurgie réussie, c’est seulement 30 % du travail. Les 70 % restants dépendent de la physiothérapie».

Autrement dit, sans réhabilitation, un patient opéré ne retrouve pas sa fonctionnalité. D’où la nécessité d’une approche multidisciplinaire et d’un plan de réhabilitation personnalisé, élaboré conjointement par l’orthopédiste et le physiothérapeute.

Un message fort : investir dans la réhabilitation, c’est investir dans l’avenir

Cette édition du « jeudi de l’UNIFA » rappelle que la réhabilitation n’est pas un luxe, mais un besoin essentiel, particulièrement dans un pays où les catastrophes naturelles ont profondément marqué les corps et les vies. Orthopédistes et physiothérapeutes, plus que jamais, représentent un maillon vital pour aider les personnes en situation de handicap à retrouver autonomie, dignité et participation sociale.

 

 

 

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