Diffusion d’images sans consentement, un mémoire tire la sonnette d’alarme
L’étudiant en sciences juridiques Rayschard Belotte a soutenu avec succès, le lundi 23 mars 2026, son mémoire de fin d’études intitulé « L’utilisation de l’image des personnes en Haïti sur les réseaux sociaux au regard de la présomption d’innocence et de la vie privée (2015-2025) ». Présenté devant un jury composé de Donnelet Frédérique (président), Lacks Guvens Cadette (lecteur critique) et Me Ducasse Joseph (directeur de mémoire), ce travail de recherche s’inscrit dans un contexte marqué par l’essor fulgurant du numérique dans le pays.

Dans son exposé, l’impétrant a attiré l’attention sur les conséquences juridiques de l’utilisation non consentie de l’image des individus sur les plateformes numériques. Selon lui, cette pratique constitue une atteinte directe à deux piliers fondamentaux du droit : le respect de la vie privée et la présomption d’innocence. « La législation haïtienne accuse un retard face à cette nouvelle réalité », a-t-il souligné pour justifier le choix de son sujet.

Le mémoire s’articule autour d’une problématique centrale : dans quelle mesure la diffusion d’images sans consentement sur les réseaux sociaux constitue-t-elle une violation des droits fondamentaux et des principes juridiques ? Pour y répondre, Rayschard Belotte a combiné une analyse documentaire approfondie avec une enquête de terrain reposant sur des approches à la fois quantitative et qualitative.

Les résultats de cette enquête, menée auprès de 200 personnes, sont sans équivoque. Près de 95,5 % des répondants estiment que l’image des individus est utilisée de manière irrespectueuse sur les réseaux sociaux. Plus marquant encore, 98 % des participants se prononcent en faveur de l’adoption d’une loi visant à encadrer cette pratique.
Pour le chercheur, ces chiffres traduisent une prise de conscience collective face aux dérives observées dans l’espace numérique. Ils confirment non seulement l’ampleur du problème, mais aussi la forte demande en faveur d’une intervention législative.
Au-delà du constat, le mémoire plaide pour une réforme du cadre juridique haïtien afin de mieux protéger les citoyens. L’objectif, selon l’auteur, est de combler le vide légal actuel et de prévenir les violations répétées des droits fondamentaux dans l’environnement numérique.
Par la pertinence de son analyse et l’actualité du sujet traité, ce travail contribue à alimenter le débat sur la régulation des réseaux sociaux en Haïti, à un moment où les usages numériques redéfinissent les rapports sociaux et juridiques.
La soutenance de Rayschard Belotte marque ainsi une étape importante dans la réflexion académique sur les droits numériques dans le pays.



