Message du Président de l’UNIFA
Le « jeudi de l’UNIFA » du 9 avril 2026 s’est inscrit dans la dynamique des célébrations consacrées à la naissance de Toussaint Louverture. Dès l’entame, le ton a été donné : il ne s’agissait pas seulement d’honorer un héros national, mais de réaffirmer la portée universelle de son combat. L’esclavage y a été présenté, avec force, comme « le plus grave crime contre l’humanité », tant par son ampleur que par la persistance de ses séquelles dans les sociétés contemporaines.
Dans cette dynamique, le président de l’Université, le docteur Jean-Bertrand Aristide, a adressé un message à la communauté estudiantine, lu par un panel composé de trois Unifaristes. Son intervention a insisté sur la nécessité d’un devoir de mémoire lucide, articulé autour des exigences de justice et de réparation, dans la perspective d’un monde fondé sur la liberté, l’égalité et la dignité humaine.

Le point central du message a été l’annonce officielle de la semaine scientifique de l’année académique 2025-2026. Présentée comme une « véritable foire des sciences », cette initiative dépasse le cadre classique des expositions académiques. Elle se veut un espace d’interaction entre savoir scientifique et expression artistique, destiné à éveiller les consciences et à susciter une réflexion collective sur les héritages de l’esclavage.
Dans une approche résolument interdisciplinaire, les étudiants — issus de divers domaines tels que médecine, odontologie, sciences infirmières, physiothérapie, pharmacie, technologie médicale, sciences juridiques, sciences politiques, génie civil, architecture, gestion, économie, comptabilité, et agronomie — sont appelés à représenter leurs départements géographiques d’origine. Cette orientation vise à ancrer la production scientifique dans les réalités locales, tout en mettant en lumière les traces systémiques laissées par l’histoire coloniale.

Les thématiques proposées témoignent de l’ambition du projet : établir des corrélations entre l’esclavage et les inégalités structurelles, analyser les impacts sur la santé physique et mentale, promouvoir des approches innovantes telles que la musicothérapie et les pratiques culturelles thérapeutiques, ou encore concevoir des modèles de développement durable adaptés aux contextes locaux.

L’accent a également été mis sur la nécessité de restaurer la confiance envers les systèmes de santé, souvent fragilisée par les héritages du passé colonial, ainsi que sur l’urgence de penser des mécanismes de réparation, tant financiers que mémoriels. Par ailleurs, la valorisation des ressources locales et la protection des richesses territoriales ont été présentées comme des leviers essentiels pour un développement endogène et équitable.
Au-delà des enjeux scientifiques, la prochaine semaine scientifique se veut un acte profondément patriotique. Chaque projet est envisagé comme une contribution à la construction d’une identité nationale consciente de ses racines et tournée vers l’avenir. Des distinctions seront attribuées aux initiatives les plus engagées, renforçant ainsi l’esprit d’excellence et de responsabilité.
En définitive, ce « jeudi de l’UNIFA » n’a pas seulement été un moment de célébration. Il a constitué une véritable plateforme de mobilisation intellectuelle et citoyenne, appelant la jeunesse universitaire à transformer le savoir en levier de dignité et de progrès. Un rendez-vous où mémoire et science se conjuguent pour esquisser les contours d’un avenir plus juste.



