L’UNIFA ouvre sa semaine scientifique 2026

Dans une atmosphère à la fois solennelle, festive et engagée, l’Université de la Fondation Dr Aristide a procédé, ce lundi 18 mai, au lancement officiel de sa semaine scientifique 2026 autour du thème : « Foire des sciences ». Organisée à l’occasion de la Fête du drapeau, cette première journée a réuni étudiants, enseignants, chercheurs, ainsi que plusieurs membres de la communauté scientifique haïtienne, venus participer à ce rendez-vous académique devenu incontournable.

                                           

La cérémonie d’ouverture a débuté sur une note patriotique et artistique avec l’interprétation de la Dessalinienne et de l’hymne de l’Université par l’orchestre et la chorale de l’institution. Plusieurs autres prestations d’étudiants ont suscité les applaudissements nourris de l’assistance, annonçant une semaine placée sous le signe de la réflexion, de la mémoire historique et de la promotion du savoir.

Dans ses propos d’ouverture, le Responsable des Affaires Académiques, Dr Dodley Sévère, a livré un discours profondément marqué par une réflexion sur l’héritage de l’esclavage et la résilience des peuples issus de cette histoire. « L’esclavage est ce temps obscur de l’existence de l’homme », a-t-il déclaré, rappelant que cette histoire continue de laisser des stigmates visibles dans les sociétés contemporaines.

Dr Sévère a également souligné que les différentes conférences, expositions et présentations prévues durant la semaine permettront d’explorer les multiples facettes de cette époque tout en mettant en valeur « cette riche variété que nous avons, que nous vivons encore ». Selon lui, le choix du thème « Foire des sciences », voulu par le recteur de l’Université, Dr Jean-Bertrand Aristide, traduit cette volonté de conjuguer mémoire historique, diversité culturelle et production scientifique.

L’un des moments forts de cette première journée a été l’intervention remarquée de Me Martine Chevalier autour du thème : « Le droit comme outil de l’esclavage ». Dans une conférence dense et structurée, l’avocate a proposé une analyse historique et juridique de l’esclavage, démontrant comment le droit colonial a servi à légitimer et institutionnaliser l’une des plus graves atteintes à la dignité humaine.

Face à un auditoire attentif, Me Chevalier a expliqué que l’esclave avait été juridiquement réduit au statut de « bien meuble », privé de personnalité juridique, incapable de posséder des biens, de signer des contrats ou encore d’agir en justice. Revenant longuement sur le Code noir, elle a montré comment ce système légal avait organisé la violence, le travail forcé, la séparation des familles et le contrôle total des personnes réduites en esclavage.

Pour elle, le droit colonial n’était pas un instrument neutre, mais « un reflet du pouvoir », construit par les dominants afin de préserver leurs intérêts économiques et politiques. « Le droit n’a pas seulement encadré l’esclavage, il l’a littéralement créé », a-t-elle affirmé, soulignant que les révoltes d’esclaves, notamment la Révolution haïtienne, ont démontré que la liberté n’avait pas été accordée par les lois, mais imposée par la lutte.

La juriste a également abordé la question sensible de la dette de l’indépendance imposée à Haïti en 1825 par la France. Selon elle, cette indemnité versée aux anciens colons esclavagistes représente l’une des plus grandes injustices juridiques de l’histoire moderne. Évoquant les conséquences économiques de cette dette sur le développement du pays, elle a posé la question d’une compensation ou d’une restitution historique à Haïti.

« Imposer à un peuple de payer pour sa propre liberté après l’avoir conquise par le sang constitue une injustice flagrante », a-t-elle soutenu, rappelant que le débat sur les réparations coloniales demeure aujourd’hui un terrain de lutte politique et juridique complexe.

Au-delà des réflexions académiques, cette première journée de la semaine scientifique a également laissé place à des activités culturelles et estudiantines. L’Université en a également profité pour annoncer les résultats du concours des influenceurs unifaristes, organisé autour du thème « Unifa, la prestigieuse ». Après plusieurs semaines de compétition sur les réseaux sociaux, trois étudiants ont été désignés gagnants : Job Auguste, Sergio Vixamar et Isahdora Maturin.

                               

Comme le veut désormais la tradition à l’Université de la Fondation Dr Aristide, cette journée de célébration s’est conclue par la distribution de plusieurs bourses d’études et d’assurances aux étudiants, une initiative qui témoigne de l’engagement de l’institution en faveur de l’accompagnement académique et social de sa communauté estudiantine.

À travers cette ouverture réussie, l’Université de la Fondation Dr Aristide confirme sa volonté de faire de la science, de la réflexion critique et de la mémoire historique des instruments de formation citoyenne et de transformation sociale. La semaine scientifique 2026 s’annonce ainsi comme un espace privilégié de débats, d’apprentissage et de valorisation des savoirs au service de la société haïtienne.

               

                  

 

                     

                 

                   

                 

                 

                   

                   

                 

                 

                

                

               

             

               

               

 

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