Infertilité et fertilisation in vitro au cœur de la troisième journée de la semaine scientifique 2026
La troisième journée de la semaine scientifique 2026 a été marquée par une réflexion approfondie sur les enjeux de la fertilité en Haïti, mais aussi par une série de présentations mettant en lumière les réalités sociales, culturelles et scientifiques des régions du Sud-Est, du Nord et du Nord-Ouest.

Invité principal de cette journée, le gynécologue-obstétricien Dr Harry Beauvais a animé une conférence sur le thème : « Infertilité et Fertilisation in Vitro en Haïti : briser le silence, ouvrir l’espoir, construire l’avenir ». Devant une salle comble, le spécialiste a appelé à une prise de conscience nationale face à une problématique qu’il juge encore largement sous-estimée.

« Il faut briser le silence », a-t-il martelé à plusieurs reprises, rappelant que l’infertilité constitue aujourd’hui un enjeu de santé publique reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon lui, près d’un couple sur cinq en Haïti rencontre des difficultés à concevoir naturellement un enfant, dans un contexte où les préjugés sociaux continuent d’alourdir la souffrance psychologique des personnes concernées.
Au cours de son intervention, Dr Beauvais a insisté sur la nécessité de renforcer le diagnostic précoce, de démocratiser l’accès aux soins spécialisés et de moderniser les infrastructures médicales liées à la santé reproductive. Il a également plaidé pour la formation de professionnels haïtiens capables d’intervenir dans les domaines de l’embryologie et de la fécondation in vitro, afin de réduire la dépendance du pays envers l’expertise étrangère.
Le médecin est aussi revenu sur l’expérience du premier centre de fécondation in vitro fondé en Haïti, aujourd’hui fragilisé par la crise sécuritaire. Malgré les difficultés, il se veut optimiste et croit possible la relance d’un système national de prise en charge plus accessible et mieux structuré.
Au-delà de la conférence, les étudiants, regroupés par départements géographiques, ont poursuivi les activités de présentation de projets scientifiques et culturels. Cet exercice, devenu l’un des temps forts de la semaine scientifique, vise à encourager l’intelligence collective, la recherche et le travail interdisciplinaire.
Le département du Nord s’est illustré avec une exposition hydroponique.. Les étudiants y ont présenté des techniques de culture maraîchère utilisant des matériaux recyclés tels que des bouteilles en plastique, des pailles de cocotier et des sachets biodégradables. Le département du nord a aussi proposé une séance de travail sur l’intégration des pratiques ancestrales du massage dans les approches thérapeutiques contemporaines.


Du côté du Sud-Est, les présentations ont porté sur la question des réparations financières et mémorielles, abordée à travers des performances musicales et une causerie axée sur l’histoire et la justice sociale.
Le Nord-Ouest a, quant à lui, proposé un exposé remarqué sur les réalités historiques et socioéconomiques du département. Les intervenants ont mis en évidence les déficits structurels auxquels fait face la région, tout en valorisant son patrimoine culturel et les pistes de développement envisageables.
Entre enjeux de santé publique, innovation académique et valorisation des réalités régionales, cette troisième journée a illustré la volonté de l’Université de la Fondation Dr Aristide de placer la recherche et la réflexion au service du développement d’Haïti.






















