Semaine scientifique
SEMAINE SCIENTIFIQUE
18 Mai – 23 Mai 2026
FOIRE DES SCIENCES
Chères étudiantes, chers étudiants,
L’Université de la Fondation Dr Aristide a le plaisir et l’honneur de vous convier à la Semaine scientifique de l’année académique 2025-2026.
Cette semaine se veut l’expression vivante d’une véritable FOIRE DES SCIENCES.
Il ne s’agit pas simplement d’une exposition académique classique, mais d’un vibrant appel à la réflexion et à l’action.
À l’occasion de cette foire des sciences, votre intelligence et vos talents artistiques illumineront une vérité universelle : l’esclavage demeure le crime le plus grave de l’humanité.
À travers vos projets, vos créations et vos démonstrations, faites dialoguer savoir scientifique et expression artistique afin d’éveiller les consciences et de nourrir une réflexion collective profonde.
Nous avons choisi de vous regrouper par département géographique d’origine.
Futurs médecins, dentistes, infirmières, infirmiers, physiothérapeutes, rééducateurs, juristes, politologues, ingénieurs, architectes, gestionnaires, économistes, comptables, agronomes… vous serez les ambassadrices et ambassadeurs de la terre qui vous a vus naître.
Tous les fils et filles de votre département géographique portent encore les traces du caractère systémique et déshumanisant de l’esclavage. Les séquelles physiques et mentales chez les descendants du Berceau de l’humanité constituent une source de pathologies chroniques.
Cette Foire des sciences vous invite à établir les liens entre l’héritage de l’esclavage, les inégalités structurelles, les violences sociales et les troubles psychologiques.
Convoitées et pillées par les esclavagistes et les néocolons, les richesses de vos terroirs doivent désormais être reconnues, protégées et mises en valeur par leurs dignes fils et filles, gardiens légitimes de cet héritage sacré.
Pour y parvenir, cette foire des sciences vous invite à:
• Identifier les corrélations entre notre histoire coloniale et la misère infra-humaine.
• Promouvoir la musicothérapie, les danses thérapeutiques et des rituels symboliques favorisant la résilience collective.
• Contribuer à réduire la méfiance envers la médecine héritée du passé colonial et les inégalités d’accès aux soins de santé.
• Affirmer la nécessité des réparations financières et mémorielles.
• Concevoir des modèles juridiques, politiques et économiques susceptibles de promouvoir un développement durable et équitable.
• Imaginer des techniques agronomiques et des systèmes d’ingénierie adaptés aux spécificités locales.
D’où l’exigence d’une expression claire du savoir scientifique au service de la dignité nationale.
Des primes seront attribuées aux projets scientifiques et artistiques les plus engagés sur ces thématiques.
Votre projet sera, dès lors, une pierre posée à l’édifice de notre identité propre.
C’est un acte patriotique que nous vous invitons à poser: celui de mettre votre intelligence au service de votre patrie, en partant de ses racines.
Allons-y unifaristement !
Faisons de nos origines la source de notre prospérité.
Que votre engagement transforme cette semaine scientifique en un lieu où vibrent les neurones conscience!
Tabarre, le 6 Avril 2026.
Message du Président de l’UNIFA
Le « jeudi de l’UNIFA » du 9 avril 2026 s’est inscrit dans la dynamique des célébrations consacrées à la naissance de Toussaint Louverture. Dès l’entame, le ton a été donné : il ne s’agissait pas seulement d’honorer un héros national, mais de réaffirmer la portée universelle de son combat. L’esclavage y a été présenté, avec force, comme « le plus grave crime contre l’humanité », tant par son ampleur que par la persistance de ses séquelles dans les sociétés contemporaines.

Dans cette dynamique, le président de l’Université, le docteur Jean-Bertrand Aristide, a adressé un message à la communauté estudiantine, lu par un panel composé de trois Unifaristes. Son intervention a insisté sur la nécessité d’un devoir de mémoire lucide, articulé autour des exigences de justice et de réparation, dans la perspective d’un monde fondé sur la liberté, l’égalité et la dignité humaine.
Le point central du message a été l’annonce officielle de la semaine scientifique de l’année académique 2025-2026. Présentée comme une « véritable foire des sciences », cette initiative dépasse le cadre classique des expositions académiques. Elle se veut un espace d’interaction entre savoir scientifique et expression artistique, destiné à éveiller les consciences et à susciter une réflexion collective sur les héritages de l’esclavage.
Dans une approche résolument interdisciplinaire, les étudiants — issus de divers domaines tels que médecine, odontologie, sciences infirmières, physiothérapie, pharmacie, technologie médicale, sciences juridiques, sciences politiques, génie civil, architecture, gestion, économie, comptabilité, et agronomie — sont appelés à représenter leurs départements géographiques d’origine. Cette orientation vise à ancrer la production scientifique dans les réalités locales, tout en mettant en lumière les traces systémiques laissées par l’histoire coloniale.

Les thématiques proposées témoignent de l’ambition du projet : établir des corrélations entre l’esclavage et les inégalités structurelles, analyser les impacts sur la santé physique et mentale, promouvoir des approches innovantes telles que la musicothérapie et les pratiques culturelles thérapeutiques, ou encore concevoir des modèles de développement durable adaptés aux contextes locaux.
L’accent a également été mis sur la nécessité de restaurer la confiance envers les systèmes de santé, souvent fragilisée par les héritages du passé colonial, ainsi que sur l’urgence de penser des mécanismes de réparation, tant financiers que mémoriels. Par ailleurs, la valorisation des ressources locales et la protection des richesses territoriales ont été présentées comme des leviers essentiels pour un développement endogène et équitable.

Au-delà des enjeux scientifiques, la prochaine semaine scientifique se veut un acte profondément patriotique. Chaque projet est envisagé comme une contribution à la construction d’une identité nationale consciente de ses racines et tournée vers l’avenir. Des distinctions seront attribuées aux initiatives les plus engagées, renforçant ainsi l’esprit d’excellence et de responsabilité.
En définitive, ce « jeudi de l’UNIFA » n’a pas seulement été un moment de célébration. Il a constitué une véritable plateforme de mobilisation intellectuelle et citoyenne, appelant la jeunesse universitaire à transformer le savoir en levier de dignité et de progrès. Un rendez-vous où mémoire et science se conjuguent pour esquisser les contours d’un avenir plus juste.


Diffusion d’images sans consentement, un mémoire tire la sonnette d’alarme
L’étudiant en sciences juridiques Rayschard Belotte a soutenu avec succès, le lundi 23 mars 2026, son mémoire de fin d’études intitulé « L’utilisation de l’image des personnes en Haïti sur les réseaux sociaux au regard de la présomption d’innocence et de la vie privée (2015-2025) ». Présenté devant un jury composé de Donnelet Frédérique (président), Lacks Guvens Cadette (lecteur critique) et Me Ducasse Joseph (directeur de mémoire), ce travail de recherche s’inscrit dans un contexte marqué par l’essor fulgurant du numérique dans le pays.

Dans son exposé, l’impétrant a attiré l’attention sur les conséquences juridiques de l’utilisation non consentie de l’image des individus sur les plateformes numériques. Selon lui, cette pratique constitue une atteinte directe à deux piliers fondamentaux du droit : le respect de la vie privée et la présomption d’innocence. « La législation haïtienne accuse un retard face à cette nouvelle réalité », a-t-il souligné pour justifier le choix de son sujet.

Le mémoire s’articule autour d’une problématique centrale : dans quelle mesure la diffusion d’images sans consentement sur les réseaux sociaux constitue-t-elle une violation des droits fondamentaux et des principes juridiques ? Pour y répondre, Rayschard Belotte a combiné une analyse documentaire approfondie avec une enquête de terrain reposant sur des approches à la fois quantitative et qualitative.

Les résultats de cette enquête, menée auprès de 200 personnes, sont sans équivoque. Près de 95,5 % des répondants estiment que l’image des individus est utilisée de manière irrespectueuse sur les réseaux sociaux. Plus marquant encore, 98 % des participants se prononcent en faveur de l’adoption d’une loi visant à encadrer cette pratique.
Pour le chercheur, ces chiffres traduisent une prise de conscience collective face aux dérives observées dans l’espace numérique. Ils confirment non seulement l’ampleur du problème, mais aussi la forte demande en faveur d’une intervention législative.
Au-delà du constat, le mémoire plaide pour une réforme du cadre juridique haïtien afin de mieux protéger les citoyens. L’objectif, selon l’auteur, est de combler le vide légal actuel et de prévenir les violations répétées des droits fondamentaux dans l’environnement numérique.
Par la pertinence de son analyse et l’actualité du sujet traité, ce travail contribue à alimenter le débat sur la régulation des réseaux sociaux en Haïti, à un moment où les usages numériques redéfinissent les rapports sociaux et juridiques.
La soutenance de Rayschard Belotte marque ainsi une étape importante dans la réflexion académique sur les droits numériques dans le pays.



L’UNIFA met en lumière l’importance de sortir de sa zone de confort
L’Université de la Fondation Dr Aristide a accueilli, le jeudi 2 avril 2026, la Dre Neyssa Étienne dans le cadre de son activité hebdomadaire « Jeudi de l’UNIFA ». Membre du décanat de la Faculté de Pharmacie et des Sciences Biomédicales, l’intervenante a animé une conférence autour du thème : « La valeur de l’apprentissage hors de sa zone de confort ». Une présentation qui a profondément marqué l’assistance, en soulignant la nécessité de progresser malgré les obstacles.

Dès l’entame de son intervention, Dre Étienne a pris soin de définir le concept central de son exposé. « En psychologie, on définit la zone de confort comme l’ensemble des comportements et habitudes qui sont connus, sûrs, familiers, prévisibles et rassurants. C’est un espace où l’on s’appuie sur des routines, où l’on se sent compétent et où l’anxiété est minimale », a-t-elle expliqué.
Pour faciliter la compréhension, la conférencière a invité le public à imaginer un cercle: à l’intérieur se trouve la zone de confort, tandis qu’à l’extérieur s’étend une zone perçue comme incertaine, voire menaçante. « Volontairement, chacun peut décider d’élargir progressivement ce cercle afin d’accroître ses connaissances et ses expériences. Mais parfois, de manière inattendue et pour des raisons indépendantes de notre volonté, ce cercle peut se briser et nous projeter directement dans la zone de danger », a-t-elle précisé.
S’appuyant sur des exemples concrets, Dre Étienne a rappelé que l’apprentissage est intrinsèquement lié à la sortie de la zone de confort. Apprendre à marcher, à parler, à lire ou encore à pratiquer un sport constitue autant d’étapes où l’individu quitte un environnement familier pour en explorer un nouveau. « À chaque étape, vous avez laissé un univers que vous connaissiez pour rejoindre un univers inconnu qui est ensuite devenu votre quotidien », a-t-elle souligné.
Au-delà de cette démonstration, la professeure de physiologie et de terminologie médicale a mis en avant le rôle fondamental de l’apprentissage dans le développement personnel et professionnel. Selon elle, l’acquisition continue de connaissances permet non seulement de renforcer les compétences, mais aussi de stimuler la créativité et l’innovation. « Plus une personne apprend, plus elle dispose de ressources pour inventer des solutions originales face aux problèmes rencontrés », a-t-elle affirmé, tout en insistant sur le lien entre savoir et confiance en soi.

Dre Étienne a également insisté sur la portée sociale de l’éducation. « L’éducation constitue un levier essentiel pour réduire la pauvreté. Elle offre aux individus les moyens de s’émanciper, de devenir indépendants, de participer activement à la vie économique et sociale. Elle favorise l’égalité en donnant à chacun, indépendamment de son statut ou de son origine, la possibilité d’accéder aux mêmes opportunités », a-t-elle déclaré.

En conclusion, la conférencière a adressé plusieurs recommandations aux étudiants pour les encourager à sortir de leur zone de confort. Elle a notamment évoqué l’importance du bénévolat, du mentorat et de l’exploration de nouvelles activités. « Je vous encourage vivement à pratiquer le bénévolat. Ensuite, nous avons le mentorat qui consiste à s’inspirer d’un mentor. […] Investir dans un passe-temps ou une activité nouvelle, parfois exigeante, est une manière subtile mais puissante de quitter sa zone de confort », a-t-elle conseillé.
Cette conférence, à la fois inspirante et instructive, s’inscrit dans la mission de l’Université de la Fondation Dr Aristide de former des professionnels compétents, mais également des citoyens capables de s’adapter, d’innover et de relever les défis d’un monde en constante évolution.

Lancement du concours « UNIFA, la prestigieuse »
Dans une atmosphère mêlant réflexion académique et esprit de compétition, le « jeudi de l’UNIFA » du 26 mars 2026 a été consacré au lancement du concours «UNIFA, la prestigieuse ». Pour situer le contexte, la directrice de la Faculté des Sciences Infirmières, Miss Marjorie Gaussain, a livré une intervention marquante autour du thème : « Réseaux sociaux et responsabilité professionnelle ». Une prise de parole qui a largement sensibilisé l’assistance aux comportements appropriés à adopter sur les plateformes numériques.

Dès le départ Miss Gaussaint a justifié la pertinence du thème en soulignant l’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie quotidienne : « Pourquoi parler des réseaux sociaux aujourd’hui ? La première raison, c’est qu’ils font partie de notre quotidien. Qui, de nos jours, ne les utilise pas? Chaque publication constitue une prise de parole publique qui a tout son poids », a-t-elle affirmé.
Elle a ensuite mis en lumière les différentes motivations qui poussent à utiliser les réseaux sociaux : des raisons personnelles aux objectifs professionnels, en passant par la recherche de visibilité ou l’engagement pour des causes. Toutefois, elle a attiré l’attention sur les dérives possibles, notamment les contenus peu professionnels, les images dévalorisantes et les attitudes inappropriées. « Le problème survient lorsqu’il y a un manque de recul avant de publier ou une diffusion rapide sans contrôle. On perd alors en crédibilité, surtout lorsqu’on partage des informations non maîtrisées. Même ce qui semble banal peut être mal perçu », a-t-elle expliqué.
Poursuivant son intervention, la directrice a insisté sur l’impact des publications numériques. Selon elle, celles-ci constituent un indicateur du sérieux, du professionnalisme et du sens de la responsabilité d’un individu. Elles influencent également l’image que l’on projette auprès du public. Elle a rappelé que les recruteurs n’hésitent pas à consulter les anciennes publications des candidats, notamment dans le cadre d’un recrutement ou d’une promotion.

Par ailleurs, Miss Gaussaint a tenu à souligner les aspects positifs des réseaux sociaux :
« Ils représentent une opportunité, souvent insoupçonnée. C’est une plateforme de visibilité, un outil de valorisation personnelle, un moyen de partage de connaissances, voire une opportunité de carrière. Tout dépend de l’usage que l’on en fait », a-t-elle déclaré.
En conclusion, elle a invité la communauté universitaire à adopter une utilisation réfléchie et stratégique de ces outils : « Utilisez ce pouvoir intelligemment. Publiez avec intention. Il ne s’agit pas d’arrêter, mais d’améliorer. Transformez chaque publication en opportunité et soyez fiers de ce que vous montrez. Ce que vous publiez aujourd’hui construit la perception que le monde aura de vous demain », a-t-elle conseillé.

À l’issue de la conférence, l’ambiance a pris une tournure plus dynamique avec la présentation des dix étudiants sélectionnés pour le concours. Pour cette première prestation, chacun a rivalisé de créativité, cherchant à séduire le public et à marquer les esprits.

Si les candidats ont su capter l’attention, le public, quant à lui, reste sur sa faim et attend avec impatience la prochaine étape de la compétition, où les talents devront davantage se démarquer pour espérer remporter le prix.





Des résidents de l’UNIFA témoignent de leur engagement au service de la communauté
L’auditorium de l’Université de la Fondation Dr Aristide a accueilli, ce jeudi 19 mars, une nouvelle édition du « jeudi de l’UNIFA », marquée par les interventions de plusieurs médecins résidents venus partager leurs expériences professionnelles et humaines à l’Hôpital Universitaire Dr Aristide. À travers des récits à la fois sobres et percutants, ces jeunes praticiens ont mis en relief les exigences du métier, mais surtout la portée du service à la communauté.

Premier intervenant, le Dr Boyer a retenu l’attention en revenant sur un choix atypique : celui d’effectuer son service social au centre de santé de Casal, une zone difficile d’accès située non loin de Cabaret. À rebours d’une tendance qui pousse de nombreux jeunes médecins vers les grands centres hospitaliers de la capitale, il a privilégié un environnement où les besoins sont criants. « C’est au cœur des milieux les plus modestes que la médecine prend tout son sens », a-t-il expliqué, assumant un choix guidé par des convictions plutôt que par la recherche de visibilité.
Son passage dans cette localité a également débouché sur une production scientifique. Le médecin a mené une étude sur la prévalence des infections respiratoires aiguës chez les enfants de moins de cinq ans à Casal, un travail validé et publié dans les annales de l’université, témoignant de l’intérêt académique de ces terrains souvent négligés.
Dans la même veine, le Dr Boyer a rappelé la philosophie de l’Hôpital Universitaire Dr Aristide, fondée sur le principe de « santé sans exclusion », insistant sur l’accessibilité des soins comme pilier central de l’action médicale menée au sein de l’institution.
Au service de pédiatrie, la docteure Emmanuella Amédée fait face, quant à elle, à une réalité quotidienne marquée par l’urgence et la précarité. Elle a décrit un environnement où les défis sont constants, notamment à travers les cliniques mobiles et les consultations gratuites organisées pour les populations défavorisées. Malgré les contraintes, une ligne directrice demeure : aucun patient n’est refusé.

Dre Amédée a évoqué des situations particulièrement éprouvantes, où des enfants gravement malades, rejetés par plusieurs structures hospitalières, sont finalement pris en charge par son service. « Il nous arrive de passer des nuits entières à tenter de sauver des vies », a-t-elle confié, soulignant l’ampleur des efforts déployés par les équipes médicales.
Intervenant ensuite, la Dre Medgina Félix, résidente en ophtalmologie, a proposé une lecture plus symbolique de sa spécialité. Pour elle, « l’œil est le miroir de la société », une affirmation qu’elle a illustrée par des cas cliniques marquants, notamment celui d’une patiente ayant recouvré la vue grâce à une prise en charge adaptée. Son témoignage a mis en évidence le rôle souvent sous-estimé de l’ophtalmologie dans l’amélioration des conditions de vie.

Clôturant la série d’interventions, la Dre Mitchana Alexandre a consacré son allocution à la radiologie, un domaine encore émergent en Haïti. Elle a plaidé pour une meilleure intégration de cette spécialité dans le système de santé, la présentant comme un outil indispensable au diagnostic. « La radiologie constitue les yeux de la médecine », a-t-elle soutenu.

Au-delà de l’aspect technique, son intervention a pris une dimension personnelle lorsqu’elle a évoqué les difficultés traversées après la perte de sa mère au début de ses études médicales. Un parcours marqué par la résilience, qui nourrit aujourd’hui son ambition de voir se développer en Haïti une radiologie plus avancée, notamment interventionnelle, afin de limiter le recours aux soins à l’étranger.
Les échanges avec le public ont permis de prolonger la réflexion, dans une atmosphère attentive et engagée. Cette édition du « jeudi de l’UNIFA » aura ainsi offert bien plus qu’un simple partage d’expériences : un témoignage collectif sur les défis de la médecine en Haïti et sur la volonté d’une nouvelle génération de praticiens d’y répondre avec rigueur, humanisme et détermination.





Panne de modernisation de l’État : une conférence pour repenser le problème politique haïtien
Dans un contexte national marqué par l’insécurité persistante, la fragilisation des institutions publiques et une profonde crise de gouvernance, l’Université de la Fondation Dr Aristide continue d’assumer sa mission de réflexion critique et de production intellectuelle. Fidèle à cette vocation, l’institution a accueilli, le jeudi 12 mars, dans le cadre du « jeudi de l’UNIFA », le professeur James Valentin, doctorant en sociologie et titulaire de plusieurs diplômes en philosophie, droit et anthropologie-sociologie. Sa conférence a exploré le thème « Panne de modernisation de l’État et nécessité de reconstruction du savoir en Haïti : perspectives institutionnelles et universitaires », offrant un diagnostic approfondi sur les défis politiques et institutionnels du pays.


Pour analyser ces difficultés, le conférencier est revenu sur le paradigme classique de la modernisation de l’État. Dans cette perspective, la modernisation repose notamment sur trois processus fondamentaux : l’étatisation, la bureaucratisation et la différenciation entre le système politique et la société civile. Cette conception trouve ses racines dans les travaux du sociologue allemand Max Weber, qui définit l’État moderne comme une organisation bureaucratique capable de revendiquer avec succès le monopole de la violence légitime sur un territoire donné.
Au cours de sa présentation, le professeur Valentin a également rappelé que plusieurs tentatives de modernisation ont jalonné l’histoire récente d’Haïti. Des programmes de planification économique des années 1960 aux réformes administratives entreprises dans les décennies suivantes, en passant par les différentes initiatives de réforme de l’État mises en œuvre à partir des années 1990 et 2000, les efforts n’ont pas manqué. Ces politiques visaient généralement à renforcer les capacités institutionnelles de l’administration publique et à améliorer l’efficacité de l’action étatique. Pourtant, force est de constater que ces réformes n’ont pas permis de produire les transformations attendues.

Pour mieux comprendre ces blocages, l’intervenant a évoqué les analyses mettant en évidence la coexistence de logiques différentes au sein de l’appareil étatique haïtien. Selon lui, l’État fonctionne à la fois selon des normes administratives modernes – inspirées des modèles occidentaux – et selon des pratiques sociales profondément ancrées dans les relations personnelles, les solidarités familiales ou les réseaux informels de pouvoir. Toutefois, il a souligné que ces dimensions ne s’opposent pas toujours de manière frontale. Dans bien des cas, elles s’entremêlent et coexistent dans le fonctionnement réel des institutions.
S’appuyant sur les travaux de chercheurs comme Gilbert Rist et Bertrand Badie, le doctorant en sociologie souligne que la théorie classique de la modernisation a souvent négligé le rôle de la tradition dans l’évolution des sociétés. Or, les transformations sociales ne suivent pas partout le même rythme ni les mêmes trajectoires. Dans plusieurs contextes, la modernité ne remplace pas simplement la tradition ; elle s’y combine, produisant des formes originales d’organisation politique et sociale.
C’est dans cette perspective que le professeur Valentin mobilise la théorie des modernités multiples, selon laquelle chaque société développe sa propre forme de modernité à partir de son histoire et de ses dynamiques internes. Dans le cas haïtien, cette approche permettrait de mieux comprendre la manière dont les institutions modernes se sont articulées avec des pratiques sociales héritées de la tradition.

Il a également évoqué la notion de colonialité du pouvoir, qui renvoie à la persistance de certaines structures de domination héritées de la période coloniale. Selon lui, ces logiques continuent d’influencer la production des connaissances et les représentations sociales, notamment par l’idée selon laquelle les modèles politiques et institutionnels valables devraient nécessairement provenir des sociétés du Nord.
Pour le conférencier, comprendre la crise de l’État haïtien exige donc de dépasser cette vision universaliste et de réintégrer les valeurs et pratiques locales dans l’analyse du problème politique. Cela suppose également de renforcer la recherche en sciences sociales et de développer davantage les études en sciences politiques dans les universités haïtiennes.
En conclusion, James Valentin a invité les étudiants et les chercheurs à s’engager dans une réflexion renouvelée sur l’État haïtien, en explorant des approches capables d’articuler tradition et modernité afin de mieux comprendre les dynamiques politiques propres à la société haïtienne.

Résultats des épreuves de connaissances de la 1ère session de l’année académique 2025-2026.
Les étudiants de la Faculté d’odontologie (FDO), de la Faculté des sciences infirmières (FSI), de la Faculté de pharmacie et des sciences biomédicales (FPSB), de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), de la Faculté de gé et d’Architecture (FGA), de la Faculté des sciences économiques et administratives (FSEA) et de la Faculté de sciences de la nature et de l’agriculture (FSNA) sont invités à consulter les résultats des épreuves de connaissances de la 1ère session de l’année académique 2025-2026.
Marche à suivre pour accéder à vos notes :
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Graduation 2026
l’UNIFA célèbre sa 8ème promotion
Le dimanche 1er mars 2026 restera une date marquante pour l’Université de la Fondation Dr Aristide. À l’occasion de la graduation de sa 8ème promotion, l’institution a offert une cérémonie à la fois solennelle et vibrante, marquée par des discours forts, des prestations musicales envoutantes et une ferveur palpable dans l’auditorium.Placée sous le thème « Neurone conscience », la célébration a conjugué émotion, vision et engagement pour l’avenir.


Dès les premières heures de la matinée, l’atmosphère s’est révélée singulièrement chaleureuse. Entre fierté, reconnaissance et espérance, la communauté universitaire s’est rassemblée pour célébrer l’aboutissement de plusieurs années d’efforts académiques et de sacrifices consentis.

Le point culminant de la matinée fut sans conteste le discours du président de l’Université, le Dr Jean-Bertrand Aristide. Fidèle à son éloquence, il a su mêler références historiques, appels à la responsabilité citoyenne et touches personnelles. « À l’ombre de nos grenadiers, Minouche et moi sommes ravis de vous saluer vertièrement. (…) Ce matin, en compagnie des unifaristes qualifiés pour obtenir leur diplôme, nous vous accueillons avec cette même noblesse qui porta nos aïeux vers la victoire », a-t-il lancé en ouverture, établissant un pont symbolique avec la bataille fondatrice de l’indépendance haïtienne.

Dans un élan lyrique qui a conquis l’assemblée, il a adressé une dédicace émouvante à son épouse, Mildred Aristide. « Chaque graduation nous invite à composer une symphonie de gratitude spéciale pour une personne spéciale. Cette année, la partition de gratitude est en mi majeur car il s’agit de Minouche », a-t-il confié, insufflant une note d’intimité et de gratitude au cœur de la solennité académique.
Après avoir rendu un hommage mérité aux membres du Conseil d’administration et au corps professoral pour leurs réalisations et leurs exploits pédagogiques, Dr Aristide s’est tourné vers les parents, saluant le poids des sacrifices consentis pour l’éducation des enfants en Haïti. « Nou merite anpil respè pou tout sakrifis nou deja fè paske chay edikasyon ann Ayiti pa janm piti. Plis mwen imajine jan papa ak manman travay di pou edikasyon pitit yo, plis m anvi koube pi ba pou salye kouraj nou e anbrase nou fratènèlman », a-t-il déclaré, provoquant une vague d’émotion et une ovation nourrie dans le public.


C’est avec vigueur que l’ancien Chef d’Etat s’est ensuite adressé aux nouveaux diplômés, les exhortant à incarner une élite responsable. « Vous aspirez légitimement à intégrer l’élite de ce pays. Mais êtes-vous prêts à incarner une élite imaginaire ou celle qui allie science et conscience? Rappelez-vous, pour contribuer à guérir notre pays souffrant de négligence spatiale unilatérale, nos élites ne doivent être ni des anosognosiques politiques ni des analphabètes politiques. » a-t-il martelé, soulignant la nécessité pour eux de se préparer à participer à la gestion de la restitution des 21 milliards de dollars, longtemps contestée par ce qu’il appelle les esclaves mentaux.

Le moment fort du discours fut l’annonce d’une mesure phare. Évoquant la mémoire de sa mère, qui avait offert 100 bourses d’études en 2021, lors de la célébration de son centenaire, Dr Aristide a révélé que 578 étudiants en agronomie en avaient déjà bénéficié. Puis, sous les applaudissements, il a déclaré que les études en agronomie seront désormais entièrement gratuites. Une décision saluée par le public.
La cérémonie, ponctuée par la remise des diplômes et le serment des gradués, a également été rythmée par des intermèdes musicaux, dont des prestations de l’Orchestre Philharmonique de l’UNIFA. Les Unifaristes ont animé l’auditorium avec énergie, ajoutant une touche magique à l’événement. Le public, en liesse, a applaudi, crié et encouragé chaque performance.



Prenant la parole à son tour, Mme Mildred Aristide a présenté ses condoléances au Père Wesner Nérée, avant de saluer la présence de sa fille Michaëlle sur le podium, venue assister à la cérémonie avant de recevoir son doctorat dans deux mois. Elle a également remercié les nombreuses personnalités présentes pour leur engagement et leur soutien à l’Université et à l’Hôpital Universitaire Dr Aristide.

À l’issue de la cérémonie, des étudiants, accompagnés de plusieurs agriculteurs, ont rendu un hommage particulier à la mère du Président Aristide, tandis que les lauréats des différentes facultés étaient officiellement honorés pour leurs réussites académiques et leur parcours exemplaire.

La journée s’est achevée sur une note à la fois artistique et symbolique, avec l’interprétation de la chanson « Au revoir », composée par le Dr Jean-Bertrand Aristide lui-même.
Avec cette 8ème promotion, l’Université de la Fondation Dr Aristide ne célèbre pas seulement la fin d’un cycle. Elle lance un appel solennel à une génération de jeunes professionnels, invités à mettre leurs compétences au service d’une responsabilité nationale renouvelée.















Résultats des épreuves de connaissances de la 1ère session de l’année académique 2025-2026.
Les étudiants de la Faculté de Médecine et des sciences de la santé (FM) et de la Faculté de sciences de réhabilitation (FSR) sont invités à consulter les résultats des épreuves de connaissances de la 1ère session de l’année académique 2025-2026.
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Le format du code doit être saisi correctement, par exemple :
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FM-12-1234
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