Avis
Les résultats du concours d’admission seront disponibles au campus de l’Université le Jeudi 9 Septembre à 10 hres AM.
LES MEDECINS DIPLOMES DE L’UNIVERSITE DE LA FONDATION DR ARISTIDE (UNIFA) SE METTENT AU SERVICE DES BLESSES DES COMMUNAUTES DE LA GRANDE ANSE, VICTIMES DU SEISME DU 14 AOUT 2021.
Des cliniques mobiles sont en cours de réalisation dans la Grande Anse par des médecins diplômés de l’UNIFA. La première clinique mobile a commencé au lycée de Chambellan et d’autres seront réalisées dans des communes et Sections Communales.
Une équipe composée de cinq femmes médecins diplômées de l’UNIFA a innové pour voler au secours des victimes de la Grande Anse. Ces médecins offrent leur aide aux populations du Département de la Grande Anse, touchées par le séisme du 14 aout 2021.
Trois d’entre elles partagent cette expérience avec la communauté unifariste et la population haïtienne en générale.
« Je suis le Docteur Rose Laure Calas, originaire de Jérémie. Je suis de la promotion 2013-2019 de l’Université de la Fondation Dr Aristide. J’étais déjà sur place dans la Grande Anse, en Service Social au moment du séisme. En accord avec d’autres étudiantes de ma promotion qui faisaient leur Service Social dans la Grande Anse, nous avons eu l’idée de former une équipe pour venir en aide aux populations victimes du séisme quand entre temps, le Président de l’UNIFA, le Docteur Jean- Bertrand Aristide nous a contactés et nous a proposé son support en termes de matériels nécessaires et de médicaments pour les patients que nous aurons à consulter
D’autres médecins unifaristes en Service Social à Corail et à Pestel ont rejoint l’équipe et depuis le lundi 06 septembre nous offrons des soins à la population de Chambellan. Notre clinique est installée au lycée de Chambellan, local qui nous a été offert par l’ASEC de la communauté.
En deux jours, j’ai consulté une centaine de patients et ceci pour différentes pathologies et nous leur avons offert gratuitement des médicaments, grâce au support du Président de l’UNIFA.
Je suis contente de cette expérience. J’ai l’opportunité de servir la population du département où je suis née. »
« Je suis le Docteur Elicard Joseph. Ma mère est originaire de Pestel et c’est pour cela que j’avais choisi de faire mon Service Social à Pestel. Le séisme m’a surpris dans la Grande Anse et de là, en accord avec les autres collègues unitaristes, il nous est venu l’idée de nous mettre ensemble pour offrir des soins médicaux aux victimes du séisme.
Le Président de l’UNIFA, le Docteur Jean- Bertrand Aristide nous a contactés entre temps et il a renforcé et soutenu l’idée que nous organisions des cliniques mobiles dans la Grande Anse. Il nous a fourni du matériel et tous les médicaments essentiels pour répondre aux besoins de la population (médicaments contre le diabète, l’hypertension artérielle, des parasitoses etc). Les médicaments non seulement sont disponibles, ils sont suffisants et adaptés à chaque pathologie.
L’expérience va continuer dans tout le département de la Grande Anse. Dans les prochains jours nous serons à Carcasse (Les Irois).
Notre équipe a fait une répartition des patients en fonction de leur sexe et tranche d’âge (enfant, homme, femme). C’est une façon pour nous d’être plus efficace dans notre travail et nous comptons présenter des statistiques de manière périodique pour évaluer le nombre de patients que nous avons consulté et traité.
Durant les deux premières journées de clinique mobile, j’ai consulté 60 personnes. La population apprécie notre travail. Nous allons vers les familles, nous faisons le porte à porte pour aller chercher les personnes qui nécessitent des soins médicaux de même que celles qui ont été blessées ou fracturées au moment du séisme.
Je suis contente de servir la population du département où ma mère a pris naissance. »
« Je suis le Docteur Géraldine Germéus. J’ai réalisé mes études en Médecine à l’Université de la Fondation Dr Aristide (UNIFA). Contrairement aux autres collègues, je ne suis pas de la Grande Anse mais j’étais en Service Social à Corail quand le séisme a frappé les départements de la Grande Anse, des Nippes et du sud. J’ai été contactée par les Docteurs Calas et Lubin pour intégrer le groupe qui voulait offrir leur service à la population. Je n’ai pas hésité à l’idée d’intégrer le projet et je suis fière d’en faire partie.
Depuis le lundi 06 septembre 2021, je participe avec mes camarades de l’UNIFA à un programme de clinique mobile soutenue par l’Université de la Fondation Dr Aristide à travers des dons en matériel et médicaments qui sont d’ailleurs nettement suffisants. Nous avons répertorié beaucoup de pathologies et nous avons consulté environ 300 malades au cours de ces deux derniers jours.
Il y avait un grand besoin et beaucoup de demandes en soins médicaux parce que dans cette zone, aucun dispositif en termes de soins médicaux n’a été mis en place pour les victimes avant notre arrivée.
Je suis contente d’avoir eu l’opportunité d’offrir mon aide à une population qui avait un si grand besoin en termes de soins médicaux. »
Ce vendredi 03 septembre 2021 l’Université de la Fondation Dr Aristide (UNIFA) organise le concours d’admission pour 2564 postulants dont 211 boursiers en Agronomie.
100 bourses d’étude ont été offertes par la maman du Président Aristide, à l’occasion de la célébration de son centenaire. Au nom de Mme Solange Aristide, originaire de Port-Salut, UNIFA a accordé d’autres bourses aux étudiants du Grand Sud, victimes du séisme du 14 Août 2021.
Félicitations à ces jeunes en quête du savoir scientifique.
















Dans la vision du Dr Jean-Bertrand ARISTIDE, l’enseignement, la recherche et le service à la communauté font partie de trois actions sociales indissociables à l’Université. À cet effet, le rectorat s’engage à offrir une formation de qualité aux étudiants. La solidarité agissante, certes, contribue à la formation des universitaires et à la croissance de leur communauté.
S’inscrivant dans cette dynamique, le Dr Daphnée Benoît, Doyenne de la Faculté de Médecine de l’UNIFA dont un grand nombre de diplômés ont pris en charge les victimes du tremblement de terre à travers le grand Sud, a mis en œuvre cette noble vision:
Don de sang,
Don de soi.
Cette initiative, loin d’être la première, intervient trois mois après celle réalisée le 18 mai écoulé à l’occasion de l’édition 2021 de la semaine scientifique de l’UNIFA.
Pour lancer la collecte, Mme Aristide a été la première à se faire piquer pour faire don de son sang en faveur des victimes. Après l’accomplissement de ce beau geste humanitaire, elle a précisé que donner de son sang pour sauver la vie d’autrui est une action citoyenne qui mérite d’être encouragée.
Elle a aussi déploré l’ampleur des dégâts et présenté, encore une fois, les sympathies du Dr Jean-Bertrand Aristide aux nombreuses victimes du séisme.
La collecte de sang réalisée à l’UNIFA en faveur des victimes du séisme du 14 août 2021 s’est poursuivie jusqu’à 16 heures. Cette initiative a mobilisé des professeurs, des cadres de l’UNIFA, des centaines d’étudiants, des membres de la ligue des jeunes de la fondation du Dr Aristide et des riverains de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Rappelons qu’après les analyses médicales, le sang collecté ira directement en faveur des victimes du grand Sud.
Le Conseil d’Administration et le Rectorat de l’Université tiennent à apporter leur solidarité à la population des différents Départements, victimes du tremblement de terre du samedi 14 août 2021. En vue d’un accompagnement concret, des dispositions sont à l’étude et seront divulguées sous peu.
Le Conseil d’Administration et le Rectorat de l’Université s’inclinent devant les dépouilles des hommes, femmes et enfants décédés et souhaitent du courage aux parents et amis éplorés.
Université de la Fondation Dr Aristide (UNIFA)

Le Conseil d’Administration et le RECTORAT s’inclinent devant la dépouille de cet homme exceptionnel qui n’a cessé d’apporter son inestimable support á l’Institution, dès les premiers jours. A son épouse Evangéline et ses enfants, nos sincères condoléances! Aux talentueux musiciens de l’Orchestre Philarmonique Sainte Trinité, nos sympathies. Que notre Frère tant aimé, le Rév Père David repose en paix!
Requiescat in pace!
Colonialité, mémoire et célébration : clap de fin pour la Semaine scientifique 2026
L’Université de la Fondation Dr Aristide a refermé, ce vendredi 22 mai, les portes de sa Semaine scientifique par une journée aussi intense que contrastée : une conférence magistrale sur la colonialité, une cérémonie de clôture rythmée par le tam-tam, un concours d’anatomie, une collecte de sang et des éclats de danse jusqu’en fin d’après-midi. La « Foire des sciences » a tenu toutes ses promesses.

C’est autour d’une réflexion dense et engagée sur le thème « Colonialisme, colonialité et le problème politique haïtien » que s’est articulée la dernière journée de cette Semaine scientifique. Animée par le Prof. James Valentin, la conférence a offert aux étudiants ainsi qu’aux membres du corps professoral une plongée critique dans les racines historiques, politiques et épistémiques des crises haïtiennes contemporaines.

Face à un auditoire attentif, l’intervenant a développé une lecture critique du colonialisme et de ses prolongements dans la société haïtienne actuelle. S’appuyant sur la pensée du sociologue péruvien Aníbal Quijano, il a défini la colonialité comme « la permanence du fait colonial » au-delà même de la disparition du système colonial classique.

Pour le Prof. Valentin, les violences structurelles, les inégalités sociales, les fractures institutionnelles et même certaines formes de dépendance culturelle trouvent leur origine dans le dispositif colonial mis en place depuis la conquête européenne. « Nous vivons encore dans un contexte de colonialité », a-t-il martelé, évoquant notamment la domination des savoirs occidentaux, la marginalisation des connaissances locales et la difficulté de l’État haïtien à construire un modèle politique enraciné dans les réalités culturelles du pays.
Le conférencier a également insisté sur ce qu’il appelle la « colonialité épistémique », c’est-à-dire la domination du savoir étranger sur les productions intellectuelles locales. Selon lui, les universités haïtiennes doivent jouer un rôle central dans la déconstruction de cette logique en valorisant davantage les pensées, les recherches et les savoirs issus du contexte haïtien.
Dans cette perspective, il a plaidé pour une « décolonisation de l’esprit » et une réappropriation des références intellectuelles nationales. Citant Anténor Firmin, Jacques Roumain ou encore Jacques Stephen Alexis, James Valentin a invité les étudiants à repenser l’État, la politique et le savoir à partir d’une approche plus indigénisée et critique.
Folklore, mémoire et ferveur collective
Après cette conférence aux accents philosophiques et politiques, l’atmosphère a changé de ton sur le campus. À proximité de la cafétéria, en face de la Place Dignité, les étudiants se sont regroupés en cercle autour d’un tambour vibrant. Très vite, chants, rythmes et danses folkloriques ont transformé l’espace en une scène vivante de célébration culturelle.
Sous le soleil de midi, les corps se sont mis en mouvement dans une ambiance chargée d’énergie et de symboles. Les pas, les chants et les gestes rappelaient la cérémonie du Bois Caïman, ce moment historique devenu symbole d’union et de résistance des esclaves contre le système esclavagiste.

La scène, profondément enracinée dans l’imaginaire collectif haïtien, a offert un contraste saisissant avec les réflexions académiques de la matinée, tout en prolongeant le même questionnement sur l’identité, l’histoire et l’émancipation.

Les filles remportent le concours de propreté
Quelques instants plus tard, le calme est revenu à la Place Dignité pour l’annonce des résultats du concours de propreté organisé sur le campus. Étudiants, professeurs, doyens et membres du personnel administratif se sont réunis pour assister à la proclamation des gagnants.
À l’issue du vote du public, les étudiantes ont remporté le concours. Mme Mildred Aristide en a profité pour saluer l’engagement des participants et annoncer que d’autres initiatives similaires seront organisées afin de promouvoir un environnement universitaire sain et agréable.

Don de sang et concours d’anatomie
Pendant qu’une partie du campus vibrait au rythme des activités culturelles, on accueillait la traditionnelle campagne de don de sang. Dans une ambiance plus sobre, de nombreux étudiants et membres du personnel se sont mobilisés pour participer à cette initiative de solidarité devenue l’un des rendez-vous marquants de la Semaine scientifique.
Parallèlement, les résultats du concours de dessin d’anatomie et d’odontologie ont également été dévoilés. Durant plusieurs heures, des étudiants se sont appliqués à représenter différentes parties du corps humain, tandis que d’autres réalisaient des structures dentaires à partir de savon de lessive. Trois étudiants ont été récompensés en anatomie et un autre en odontologie.



Une clôture festive avant les examens
La journée s’est finalement achevée dans une ambiance résolument festive. Musique, cris, danses et éclats de rire ont envahi la Place Dignité au rythme des morceaux enchaînés par le DJ. Le temps d’un après-midi, les étudiants ont mis de côté la pression des examens pour célébrer ensemble la fin d’une semaine marquée par les débats intellectuels, les découvertes scientifiques et les expressions culturelles.

Avec cette ultime journée mêlant réflexion critique, valorisation du patrimoine et esprit communautaire, la Semaine scientifique 2026 de l’Université de la Fondation Dr Aristide aura une nouvelle fois confirmé l’importance de l’université comme espace de savoir, de mémoire et de construction citoyenne.















De l’économie numérique aux enjeux agricoles : une quatrième journée marquée par l’innovation

À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les économies et les métiers à travers le monde, l’Université de la Fondation Dr Aristide a consacré la quatrième journée de sa Semaine scientifique à une réflexion sur l’ « Économie numérique en Haïti : moteur du développement – futurs métiers et emplois ». Invité principal de cette journée, l’économiste Kesner Pharel a exposé les enjeux technologiques, économiques et sociaux auxquels le pays devra faire face dans les prochaines années.

Dès le début de sa présentation, a insisté sur la nécessité pour Haïti de s’adapter aux transformations liées à l’intelligence artificielle, aux données numériques et aux nouvelles formes de production du savoir. Selon lui, le pays risque d’être confronté à une nouvelle forme de dépendance qu’il qualifie « d’esclavage numérique » s’il ne développe pas rapidement ses capacités technologiques et scientifiques.
À travers une lecture historique de l’évolution technologique mondiale, M. Pharel a retracé le passage des premières machines informatiques aux systèmes actuels d’intelligence artificielle. Il a notamment souligné que les données représentent désormais « le nouveau pétrole » et que la maîtrise de la technologie constitue un enjeu stratégique majeur pour les États comme pour les individus.

Le conférencier a également plaidé pour une réforme profonde du système éducatif haïtien. Selon lui, les universités doivent désormais former des étudiants capables de développer à la fois des compétences techniques et des aptitudes humaines telles que la communication, l’esprit critique, la créativité et l’adaptabilité. « Le cerveau ne doit plus seulement stocker des informations, mais apprendre à créer, questionner et résoudre des problèmes », a-t-il déclaré.

Abordant la situation d’Haïti, a dressé un constat préoccupant marqué par la contraction économique, l’aggravation de la pauvreté, la faiblesse institutionnelle et les fortes inégalités territoriales. Il a cependant encouragé les jeunes à investir les domaines liés à la technologie, à la recherche et à l’innovation afin de contribuer à la transformation du pays.
Au terme de la conférence, les étudiants regroupés par départements géographiques ont poursuivi les présentations de leurs projets scientifiques, culturels et sociaux.
Le Nord-Est a proposé une causerie autour du thème : « Entre les vestiges de l’indépendance et le poumon de l’avenir ». À travers cette présentation, les étudiants ont mis en lumière le rôle historique du département dans les luttes de l’indépendance, ses principales ressources économiques, les personnalités marquantes de la région ainsi que les difficultés auxquelles le département fait face aujourd’hui. Des pistes de solution orientées vers le développement local et l’orientation professionnelle ont également été abordées.

Le département du Centre a, quant à lui, développé le thème : « Concevoir le développement durable avec des innovations agricoles, pour une agriculture libérée des anciennes pratiques coloniales ». La présentation a combiné exposé magistral, prestations artistiques et exposition agricole. Les étudiants ont mis en avant le potentiel stratégique du Centre dans la souveraineté alimentaire nationale, tout en valorisant les productions agricoles et gastronomiques de la région à travers une exposition de cultures locales et de spécialités culinaires.

L’Artibonite a choisi de réfléchir sur les séquelles sociales de l’esclavage à travers un projet intitulé : « Entre blessures invisibles et quête de résilience, de quelle manière l’héritage de l’esclavage façonne-t-il les réalités sociales contemporaines ? ». À travers des scènes de mime, des prestations chorégraphiques et des sketchs, les étudiants ont illustré les violences et les traumatismes hérités du système esclavagiste, pendant qu’un exposé analytique venait contextualiser les performances artistiques.
Au-delà des exposés et des prestations culturelles, cette quatrième journée a surtout témoigné de la capacité de la Semaine scientifique à transformer l’espace universitaire en un véritable lieu de débat, d’analyse et de projection sur l’avenir du pays.

Infertilité et fertilisation in vitro au cœur de la troisième journée de la semaine scientifique 2026
La troisième journée de la semaine scientifique 2026 a été marquée par une réflexion approfondie sur les enjeux de la fertilité en Haïti, mais aussi par une série de présentations mettant en lumière les réalités sociales, culturelles et scientifiques des régions du Sud-Est, du Nord et du Nord-Ouest.

Invité principal de cette journée, le gynécologue-obstétricien Dr Harry Beauvais a animé une conférence sur le thème : « Infertilité et Fertilisation in Vitro en Haïti : briser le silence, ouvrir l’espoir, construire l’avenir ». Devant une salle comble, le spécialiste a appelé à une prise de conscience nationale face à une problématique qu’il juge encore largement sous-estimée.

« Il faut briser le silence », a-t-il martelé à plusieurs reprises, rappelant que l’infertilité constitue aujourd’hui un enjeu de santé publique reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon lui, près d’un couple sur cinq en Haïti rencontre des difficultés à concevoir naturellement un enfant, dans un contexte où les préjugés sociaux continuent d’alourdir la souffrance psychologique des personnes concernées.
Au cours de son intervention, Dr Beauvais a insisté sur la nécessité de renforcer le diagnostic précoce, de démocratiser l’accès aux soins spécialisés et de moderniser les infrastructures médicales liées à la santé reproductive. Il a également plaidé pour la formation de professionnels haïtiens capables d’intervenir dans les domaines de l’embryologie et de la fécondation in vitro, afin de réduire la dépendance du pays envers l’expertise étrangère.
Le médecin est aussi revenu sur l’expérience du premier centre de fécondation in vitro fondé en Haïti, aujourd’hui fragilisé par la crise sécuritaire. Malgré les difficultés, il se veut optimiste et croit possible la relance d’un système national de prise en charge plus accessible et mieux structuré.
Au-delà de la conférence, les étudiants, regroupés par départements géographiques, ont poursuivi les activités de présentation de projets scientifiques et culturels. Cet exercice, devenu l’un des temps forts de la semaine scientifique, vise à encourager l’intelligence collective, la recherche et le travail interdisciplinaire.
Le département du Nord s’est illustré avec une exposition hydroponique.. Les étudiants y ont présenté des techniques de culture maraîchère utilisant des matériaux recyclés tels que des bouteilles en plastique, des pailles de cocotier et des sachets biodégradables. Le département du nord a aussi proposé une séance de travail sur l’intégration des pratiques ancestrales du massage dans les approches thérapeutiques contemporaines.


Du côté du Sud-Est, les présentations ont porté sur la question des réparations financières et mémorielles, abordée à travers des performances musicales et une causerie axée sur l’histoire et la justice sociale.
Le Nord-Ouest a, quant à lui, proposé un exposé remarqué sur les réalités historiques et socioéconomiques du département. Les intervenants ont mis en évidence les déficits structurels auxquels fait face la région, tout en valorisant son patrimoine culturel et les pistes de développement envisageables.
Entre enjeux de santé publique, innovation académique et valorisation des réalités régionales, cette troisième journée a illustré la volonté de l’Université de la Fondation Dr Aristide de placer la recherche et la réflexion au service du développement d’Haïti.


Semaine scientifique 2026: une deuxième journée marquée par une réflexion sur l’avenir d’Haïti

La deuxième journée de la semaine scientifique 2026 a tenu ses promesses. Après une ouverture placée sous le signe de la mémoire historique, la conférence du mardi 19 mai s’est tournée vers l’avenir. Elle a proposé une réflexion approfondie sur les défis structurels d’Haïti, le rôle de la modernité et les conditions d’une véritable refondation nationale.
Dans une salle comble, Richard Coles, intervenant principal de la journée, a présenté un document stratégique consacré au développement durable du pays. Intitulée Haïti 2055, cette feuille de route est élaborée depuis 2025 avec une équipe de professionnels haïtiens basés à Port-au-Prince, Washington et Paris. « Ce sont des produits de Haïtiens, avec des Haïtiens, pour des Haïtiens », a-t-il martelé, écartant d’emblée toute idée d’importation intellectuelle. L’objectif, selon lui, est clair : bâtir une vision collective permettant de faire émerger un pays « prospère, stable et souverain ».

Diaspora et intelligence artificielle : deux leviers de transformation
L’un des points forts de son intervention a été le plaidoyer en faveur d’une réconciliation concrète entre les Haïtiens vivant au pays et ceux de la diaspora. Fort de son expérience comme ancien dirigeant de l’ADH et membre fondateur du Forum économique et social d’Haïti (2010), l’architecte a rappelé que le pays compterait près de 17 millions de ressortissants répartis entre le territoire national et l’étranger. « Deux communautés, une nation », a-t-il résumé, appelant à considérer la diaspora non comme une entité extérieure, mais comme un acteur essentiel de la reconstruction nationale.
Autre sujet central de son allocution : l’intelligence artificielle. Loin des discours purement technophiles, Coles a présenté les avancées numériques comme une occasion historique pour Haïti de réduire certains retards structurels, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la gouvernance.
Il a notamment évoqué des écoles connectées, des centres de santé équipés d’outils technologiques et une administration publique utilisant l’intelligence artificielle afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des services offerts à la population.
Cependant, le conférencier a insisté sur un préalable essentiel : la stabilité politique ne peut se limiter à une simple présence policière dans les rues. Elle passe, selon lui, par une réconciliation nationale authentique, une réduction durable de la pauvreté, une réforme fiscale sérieuse ainsi qu’un nouveau pacte social entre l’État et les citoyens, invitant les Haïtiens à dépasser les divisions sociales et les querelles partisanes.
Les départements à l’honneur
Au-delà de la conférence, la journée a également permis aux étudiants, regroupés par départements géographiques, de mettre en valeur leurs travaux. Cet exercice, qui constitue l’un des piliers de la semaine scientifique, favorise l’intelligence collective ainsi que le travail en équipe. Ce mardi, les départements de l’Ouest, du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse ont eu l’occasion d’exposer leurs projets.
L’Ouest a proposé un exposé sur le thème « La violence comme héritage du colonialisme », retraçant les atrocités de l’esclavage et leur inscription dans l’histoire nationale. Le Sud a, pour sa part, organisé un débat public articulé autour de quatre axes : le passé esclavagiste, le parcours du président Jean-Bertrand Aristide, le contexte sociopolitique actuel et les perspectives d’avenir. Des photographies de l’ancien président, exposées à l’entrée de la Place Dignité, ont attiré l’attention de nombreux participants.
De son côté, la Grand’Anse s’est distinguée par une présentation sur l’utilisation de l’énergie solaire dans les systèmes d’irrigation agricole, tandis que les Nippes a mis en valeur plusieurs plantes médicinales héritées des pratiques traditionnelles issues de l’époque esclavagiste.
L’UNIFA, un espace de réflexion et d’engagement
À travers cette deuxième journée, l’Université de la Fondation Dr Aristide confirme sa volonté de créer un espace où sciences, histoire, technologie et engagement citoyen se rencontrent et se complètent. Entre lucidité face aux difficultés du pays et ambition de transformation, la semaine scientifique 2026 s’impose comme un cadre de réflexion collective sur l’avenir d’Haïti.


L’UNIFA ouvre sa semaine scientifique 2026
Dans une atmosphère à la fois solennelle, festive et engagée, l’Université de la Fondation Dr Aristide a procédé, ce lundi 18 mai, au lancement officiel de sa semaine scientifique 2026 autour du thème : « Foire des sciences ». Organisée à l’occasion de la Fête du drapeau, cette première journée a réuni étudiants, enseignants, chercheurs, ainsi que plusieurs membres de la communauté scientifique haïtienne, venus participer à ce rendez-vous académique devenu incontournable.

La cérémonie d’ouverture a débuté sur une note patriotique et artistique avec l’interprétation de la Dessalinienne et de l’hymne de l’Université par l’orchestre et la chorale de l’institution. Plusieurs autres prestations d’étudiants ont suscité les applaudissements nourris de l’assistance, annonçant une semaine placée sous le signe de la réflexion, de la mémoire historique et de la promotion du savoir.

Dans ses propos d’ouverture, le Responsable des Affaires Académiques, Dr Dodley Sévère, a livré un discours profondément marqué par une réflexion sur l’héritage de l’esclavage et la résilience des peuples issus de cette histoire. « L’esclavage est ce temps obscur de l’existence de l’homme », a-t-il déclaré, rappelant que cette histoire continue de laisser des stigmates visibles dans les sociétés contemporaines.
Dr Sévère a également souligné que les différentes conférences, expositions et présentations prévues durant la semaine permettront d’explorer les multiples facettes de cette époque tout en mettant en valeur « cette riche variété que nous avons, que nous vivons encore ». Selon lui, le choix du thème « Foire des sciences », voulu par le recteur de l’Université, Dr Jean-Bertrand Aristide, traduit cette volonté de conjuguer mémoire historique, diversité culturelle et production scientifique.
L’un des moments forts de cette première journée a été l’intervention remarquée de Me Martine Chevalier autour du thème : « Le droit comme outil de l’esclavage ». Dans une conférence dense et structurée, l’avocate a proposé une analyse historique et juridique de l’esclavage, démontrant comment le droit colonial a servi à légitimer et institutionnaliser l’une des plus graves atteintes à la dignité humaine.

Face à un auditoire attentif, Me Chevalier a expliqué que l’esclave avait été juridiquement réduit au statut de « bien meuble », privé de personnalité juridique, incapable de posséder des biens, de signer des contrats ou encore d’agir en justice. Revenant longuement sur le Code noir, elle a montré comment ce système légal avait organisé la violence, le travail forcé, la séparation des familles et le contrôle total des personnes réduites en esclavage.
Pour elle, le droit colonial n’était pas un instrument neutre, mais « un reflet du pouvoir », construit par les dominants afin de préserver leurs intérêts économiques et politiques. « Le droit n’a pas seulement encadré l’esclavage, il l’a littéralement créé », a-t-elle affirmé, soulignant que les révoltes d’esclaves, notamment la Révolution haïtienne, ont démontré que la liberté n’avait pas été accordée par les lois, mais imposée par la lutte.
La juriste a également abordé la question sensible de la dette de l’indépendance imposée à Haïti en 1825 par la France. Selon elle, cette indemnité versée aux anciens colons esclavagistes représente l’une des plus grandes injustices juridiques de l’histoire moderne. Évoquant les conséquences économiques de cette dette sur le développement du pays, elle a posé la question d’une compensation ou d’une restitution historique à Haïti.
« Imposer à un peuple de payer pour sa propre liberté après l’avoir conquise par le sang constitue une injustice flagrante », a-t-elle soutenu, rappelant que le débat sur les réparations coloniales demeure aujourd’hui un terrain de lutte politique et juridique complexe.
Au-delà des réflexions académiques, cette première journée de la semaine scientifique a également laissé place à des activités culturelles et estudiantines. L’Université en a également profité pour annoncer les résultats du concours des influenceurs unifaristes, organisé autour du thème « Unifa, la prestigieuse ». Après plusieurs semaines de compétition sur les réseaux sociaux, trois étudiants ont été désignés gagnants : Job Auguste, Sergio Vixamar et Isahdora Maturin.

Comme le veut désormais la tradition à l’Université de la Fondation Dr Aristide, cette journée de célébration s’est conclue par la distribution de plusieurs bourses d’études et d’assurances aux étudiants, une initiative qui témoigne de l’engagement de l’institution en faveur de l’accompagnement académique et social de sa communauté estudiantine.
À travers cette ouverture réussie, l’Université de la Fondation Dr Aristide confirme sa volonté de faire de la science, de la réflexion critique et de la mémoire historique des instruments de formation citoyenne et de transformation sociale. La semaine scientifique 2026 s’annonce ainsi comme un espace privilégié de débats, d’apprentissage et de valorisation des savoirs au service de la société haïtienne.
















