Actualités de l’UNIFA

Actualités de l’UNIFA

Colonialité, mémoire et célébration : clap de fin pour la Semaine scientifique 2026

L’Université de la Fondation Dr Aristide a refermé, ce vendredi 22 mai,  les portes de sa Semaine scientifique par une journée aussi intense que contrastée : une conférence magistrale sur la colonialité, une cérémonie de clôture rythmée par le tam-tam, un concours d’anatomie, une collecte de sang et des éclats de danse jusqu’en fin d’après-midi. La « Foire des sciences » a tenu toutes ses promesses.

                       

C’est autour d’une réflexion dense et engagée sur le thème « Colonialisme, colonialité et le problème politique haïtien » que s’est articulée la dernière journée de cette Semaine scientifique. Animée par le Prof. James Valentin, la conférence a offert aux étudiants ainsi qu’aux membres du corps professoral une plongée critique dans les racines historiques, politiques et épistémiques des crises haïtiennes contemporaines.

Face à un auditoire attentif, l’intervenant a développé une lecture critique du colonialisme et de ses prolongements dans la société haïtienne actuelle. S’appuyant sur la pensée du sociologue péruvien Aníbal Quijano, il a défini la colonialité comme « la permanence du fait colonial » au-delà même de la disparition du système colonial classique.

           

Pour le Prof. Valentin, les violences structurelles, les inégalités sociales, les fractures institutionnelles et même certaines formes de dépendance culturelle trouvent leur origine dans le dispositif colonial mis en place depuis la conquête européenne. « Nous vivons encore dans un contexte de colonialité », a-t-il martelé, évoquant notamment la domination des savoirs occidentaux, la marginalisation des connaissances locales et la difficulté de l’État haïtien à construire un modèle politique enraciné dans les réalités culturelles du pays.

Le conférencier a également insisté sur ce qu’il appelle la « colonialité épistémique », c’est-à-dire la domination du savoir étranger sur les productions intellectuelles locales. Selon lui, les universités haïtiennes doivent jouer un rôle central dans la déconstruction de cette logique en valorisant davantage les pensées, les recherches et les savoirs issus du contexte haïtien.

Dans cette perspective, il a plaidé pour une « décolonisation de l’esprit » et une réappropriation des références intellectuelles nationales. Citant Anténor Firmin, Jacques Roumain ou encore Jacques Stephen Alexis, James Valentin a invité les étudiants à repenser l’État, la politique et le savoir à partir d’une approche plus indigénisée et critique.

Folklore, mémoire et ferveur collective

Après cette conférence aux accents philosophiques et politiques, l’atmosphère a changé de ton sur le campus. À proximité de la cafétéria, en face de la Place Dignité, les étudiants se sont regroupés en cercle autour d’un tambour vibrant. Très vite, chants, rythmes et danses folkloriques ont transformé l’espace en une scène vivante de célébration culturelle.

Sous le soleil de midi, les corps se sont mis en mouvement dans une ambiance chargée d’énergie et de symboles. Les pas, les chants et les gestes rappelaient la cérémonie du Bois Caïman, ce moment historique devenu symbole d’union et de résistance des esclaves contre le système esclavagiste.

             

La scène, profondément enracinée dans l’imaginaire collectif haïtien, a offert un contraste saisissant avec les réflexions académiques de la matinée, tout en prolongeant le même questionnement sur l’identité, l’histoire et l’émancipation.

                 

Les filles remportent le concours de propreté

Quelques instants plus tard, le calme est revenu à la Place Dignité pour l’annonce des résultats du concours de propreté organisé sur le campus. Étudiants, professeurs, doyens et membres du personnel administratif se sont réunis pour assister à la proclamation des gagnants.

À l’issue du vote du public, les étudiantes ont remporté le concours. Mme Mildred Aristide en a profité pour saluer l’engagement des participants et annoncer que d’autres initiatives similaires seront organisées afin de promouvoir un environnement universitaire sain et agréable.

                     

Don de sang et concours d’anatomie

Pendant qu’une partie du campus vibrait au rythme des activités culturelles, on accueillait la traditionnelle campagne de don de sang. Dans une ambiance plus sobre, de nombreux étudiants et membres du personnel se sont mobilisés pour participer à cette initiative de solidarité devenue l’un des rendez-vous marquants de la Semaine scientifique.

Parallèlement, les résultats du concours de dessin d’anatomie et d’odontologie ont également été dévoilés. Durant plusieurs heures, des étudiants se sont appliqués à représenter différentes parties du corps humain, tandis que d’autres réalisaient des structures dentaires à partir de savon de lessive. Trois étudiants ont été récompensés en anatomie et un autre en odontologie.

 

Une clôture festive avant les examens

La journée s’est finalement achevée dans une ambiance résolument festive. Musique, cris, danses et éclats de rire ont envahi la Place Dignité au rythme des morceaux enchaînés par le DJ. Le temps d’un après-midi, les étudiants ont mis de côté la pression des examens pour célébrer ensemble la fin d’une semaine marquée par les débats intellectuels, les découvertes scientifiques et les expressions culturelles.

                                      

Avec cette ultime journée mêlant réflexion critique, valorisation du patrimoine et esprit communautaire, la Semaine scientifique 2026 de l’Université de la Fondation Dr Aristide aura une nouvelle fois confirmé l’importance de l’université comme espace de savoir, de mémoire et de construction citoyenne.

 

                     

De l’économie numérique aux enjeux agricoles : une quatrième journée marquée par l’innovation

                         

À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les économies et les métiers à travers le monde, l’Université de la Fondation Dr Aristide a consacré la quatrième journée de sa Semaine scientifique à une réflexion sur l’ « Économie numérique en Haïti : moteur du développement – futurs métiers et emplois ». Invité principal de cette journée, l’économiste Kesner Pharel a exposé les enjeux technologiques, économiques et sociaux auxquels le pays devra faire face dans les prochaines années.

Dès le début de sa présentation, a insisté sur la nécessité pour Haïti de s’adapter aux transformations liées à l’intelligence artificielle, aux données numériques et aux nouvelles formes de production du savoir. Selon lui, le pays risque d’être confronté à une nouvelle forme de dépendance qu’il qualifie « d’esclavage numérique » s’il ne développe pas rapidement ses capacités technologiques et scientifiques.
À travers une lecture historique de l’évolution technologique mondiale, M. Pharel a retracé le passage des premières machines informatiques aux systèmes actuels d’intelligence artificielle. Il a notamment souligné que les données représentent désormais « le nouveau pétrole » et que la maîtrise de la technologie constitue un enjeu stratégique majeur pour les États comme pour les individus.

                 
Le conférencier a également plaidé pour une réforme profonde du système éducatif haïtien. Selon lui, les universités doivent désormais former des étudiants capables de développer à la fois des compétences techniques et des aptitudes humaines telles que la communication, l’esprit critique, la créativité et l’adaptabilité. « Le cerveau ne doit plus seulement stocker des informations, mais apprendre à créer, questionner et résoudre des problèmes », a-t-il déclaré.

Abordant la situation d’Haïti, a dressé un constat préoccupant marqué par la contraction économique, l’aggravation de la pauvreté, la faiblesse institutionnelle et les fortes inégalités territoriales. Il a cependant encouragé les jeunes à investir les domaines liés à la technologie, à la recherche et à l’innovation afin de contribuer à la transformation du pays.
Au terme de la conférence, les étudiants regroupés par départements géographiques ont poursuivi les présentations de leurs projets scientifiques, culturels et sociaux.

Le Nord-Est a proposé une causerie autour du thème : « Entre les vestiges de l’indépendance et le poumon de l’avenir ». À travers cette présentation, les étudiants ont mis en lumière le rôle historique du département dans les luttes de l’indépendance, ses principales ressources économiques, les personnalités marquantes de la région ainsi que les difficultés auxquelles le département fait face aujourd’hui. Des pistes de solution orientées vers le développement local et l’orientation professionnelle ont également été abordées.


Le département du Centre a, quant à lui, développé le thème : « Concevoir le développement durable avec des innovations agricoles, pour une agriculture libérée des anciennes pratiques coloniales ». La présentation a combiné exposé magistral, prestations artistiques et exposition agricole. Les étudiants ont mis en avant le potentiel stratégique du Centre dans la souveraineté alimentaire nationale, tout en valorisant les productions agricoles et gastronomiques de la région à travers une exposition de cultures locales et de spécialités culinaires.

                 
L’Artibonite a choisi de réfléchir sur les séquelles sociales de l’esclavage à travers un projet intitulé : « Entre blessures invisibles et quête de résilience, de quelle manière l’héritage de l’esclavage façonne-t-il les réalités sociales contemporaines ? ». À travers des scènes de mime, des prestations chorégraphiques et des sketchs, les étudiants ont illustré les violences et les traumatismes hérités du système esclavagiste, pendant qu’un exposé analytique venait contextualiser les performances artistiques.
Au-delà des exposés et des prestations culturelles, cette quatrième journée a surtout témoigné de la capacité de la Semaine scientifique à transformer l’espace universitaire en un véritable lieu de débat, d’analyse et de projection sur l’avenir du pays.

                                                                                                                                                                        

Infertilité et fertilisation in vitro au cœur de la troisième journée de la semaine scientifique 2026

La troisième journée de la semaine scientifique 2026 a été marquée par une réflexion approfondie sur les enjeux de la fertilité en Haïti, mais aussi par une série de présentations mettant en lumière les réalités sociales, culturelles et scientifiques des régions du Sud-Est, du Nord et du Nord-Ouest.

                                     

Invité principal de cette journée, le gynécologue-obstétricien Dr Harry Beauvais a animé une conférence sur le thème : « Infertilité et Fertilisation in Vitro en Haïti : briser le silence, ouvrir l’espoir, construire l’avenir ». Devant une salle comble, le spécialiste a appelé à une prise de conscience nationale face à une problématique qu’il juge encore largement sous-estimée.

                                     

« Il faut briser le silence », a-t-il martelé à plusieurs reprises, rappelant que l’infertilité constitue aujourd’hui un enjeu de santé publique reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon lui, près d’un couple sur cinq en Haïti rencontre des difficultés à concevoir naturellement un enfant, dans un contexte où les préjugés sociaux continuent d’alourdir la souffrance psychologique des personnes concernées.

Au cours de son intervention, Dr Beauvais a insisté sur la nécessité de renforcer le diagnostic précoce, de démocratiser l’accès aux soins spécialisés et de moderniser les infrastructures médicales liées à la santé reproductive. Il a également plaidé pour la formation de professionnels haïtiens capables d’intervenir dans les domaines de l’embryologie et de la fécondation in vitro, afin de réduire la dépendance du pays envers l’expertise étrangère.

Le médecin est aussi revenu sur l’expérience du premier centre de fécondation in vitro fondé en Haïti, aujourd’hui fragilisé par la crise sécuritaire. Malgré les difficultés, il se veut optimiste et croit possible la relance d’un système national de prise en charge plus accessible et mieux structuré.

Au-delà de la conférence, les étudiants, regroupés par départements géographiques, ont poursuivi les activités de présentation de projets scientifiques et culturels. Cet exercice, devenu l’un des temps forts de la semaine scientifique, vise à encourager l’intelligence collective, la recherche et le travail interdisciplinaire.

Le département du Nord s’est illustré avec une exposition hydroponique.. Les étudiants y ont présenté des techniques de culture maraîchère utilisant des matériaux recyclés tels que des bouteilles en plastique, des pailles de cocotier et des sachets biodégradables. Le département du nord a aussi proposé une séance de travail sur l’intégration des pratiques ancestrales du massage dans les approches thérapeutiques contemporaines.

                       

                       

 

Du côté du Sud-Est, les présentations ont porté sur la question des réparations financières et mémorielles, abordée à travers des performances musicales et une causerie axée sur l’histoire et la justice sociale.

Le Nord-Ouest a, quant à lui, proposé un exposé remarqué sur les réalités historiques et socioéconomiques du département. Les intervenants ont mis en évidence les déficits structurels auxquels fait face la région, tout en valorisant son patrimoine culturel et les pistes de développement envisageables.

Entre enjeux de santé publique, innovation académique et valorisation des réalités régionales, cette troisième journée a illustré la volonté de l’Université de la Fondation Dr Aristide de placer la recherche et la réflexion au service du développement d’Haïti.

               

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

 

Semaine scientifique 2026: une deuxième journée marquée par une réflexion sur l’avenir d’Haïti

 

La deuxième journée de la semaine scientifique 2026 a tenu ses promesses. Après une ouverture placée sous le signe de la mémoire historique, la conférence du mardi 19 mai s’est tournée vers l’avenir. Elle a proposé une réflexion approfondie sur les défis structurels d’Haïti, le rôle de la modernité et les conditions d’une véritable refondation nationale.

 

Dans une salle comble, Richard Coles, intervenant principal de la journée, a présenté un document stratégique consacré au développement durable du pays. Intitulée Haïti 2055, cette feuille de route est élaborée depuis 2025 avec une équipe de professionnels haïtiens basés à Port-au-Prince, Washington et Paris. « Ce sont des produits de Haïtiens, avec des Haïtiens, pour des Haïtiens », a-t-il martelé, écartant d’emblée toute idée d’importation intellectuelle. L’objectif, selon lui, est clair : bâtir une vision collective permettant de faire émerger un pays « prospère, stable et souverain ».

Diaspora et intelligence artificielle : deux leviers de transformation

L’un des points forts de son intervention a été le plaidoyer en faveur d’une réconciliation concrète entre les Haïtiens vivant au pays et ceux de la diaspora. Fort de son expérience comme ancien dirigeant de l’ADH et membre fondateur du Forum économique et social d’Haïti (2010), l’architecte a rappelé que le pays compterait près de 17 millions de ressortissants répartis entre le territoire national et l’étranger. « Deux communautés, une nation », a-t-il résumé, appelant à considérer la diaspora non comme une entité extérieure, mais comme un acteur essentiel de la reconstruction nationale.

Autre sujet central de son allocution : l’intelligence artificielle. Loin des discours purement technophiles, Coles a présenté les avancées numériques comme une occasion historique pour Haïti de réduire certains retards structurels, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la gouvernance.

Il a notamment évoqué des écoles connectées, des centres de santé équipés d’outils technologiques et une administration publique utilisant l’intelligence artificielle afin d’améliorer la transparence et l’efficacité des services offerts à la population.

Cependant, le conférencier a insisté sur un préalable essentiel : la stabilité politique ne peut se limiter à une simple présence policière dans les rues. Elle passe, selon lui, par une réconciliation nationale authentique, une réduction durable de la pauvreté, une réforme fiscale sérieuse ainsi qu’un nouveau pacte social entre l’État et les citoyens, invitant les Haïtiens à dépasser les divisions sociales et les querelles partisanes.

Les départements à l’honneur

Au-delà de la conférence, la journée a également permis aux étudiants, regroupés par départements géographiques, de mettre en valeur leurs travaux. Cet exercice, qui constitue l’un des piliers de la semaine scientifique, favorise l’intelligence collective ainsi que le travail en équipe. Ce mardi, les départements de l’Ouest, du Sud, des Nippes et de la Grand’Anse ont eu l’occasion d’exposer leurs projets.

L’Ouest a proposé un exposé sur le thème « La violence comme héritage du colonialisme », retraçant les atrocités de l’esclavage et leur inscription dans l’histoire nationale. Le Sud a, pour sa part, organisé un débat public articulé autour de quatre axes : le passé esclavagiste, le parcours du président Jean-Bertrand Aristide, le contexte sociopolitique actuel et les perspectives d’avenir. Des photographies de l’ancien président, exposées à l’entrée de la Place Dignité, ont attiré l’attention de nombreux participants.

De son côté, la Grand’Anse s’est distinguée par une présentation sur l’utilisation de l’énergie solaire dans les systèmes d’irrigation agricole, tandis que les Nippes a mis en valeur plusieurs plantes médicinales héritées des pratiques traditionnelles issues de l’époque esclavagiste.

L’UNIFA, un espace de réflexion et d’engagement

À travers cette deuxième journée, l’Université de la Fondation Dr Aristide confirme sa volonté de créer un espace où sciences, histoire, technologie et engagement citoyen se rencontrent et se complètent. Entre lucidité face aux difficultés du pays et ambition de transformation, la semaine scientifique 2026 s’impose comme un cadre de réflexion collective sur l’avenir d’Haïti.

            

             

 

 

 

L’UNIFA ouvre sa semaine scientifique 2026

Dans une atmosphère à la fois solennelle, festive et engagée, l’Université de la Fondation Dr Aristide a procédé, ce lundi 18 mai, au lancement officiel de sa semaine scientifique 2026 autour du thème : « Foire des sciences ». Organisée à l’occasion de la Fête du drapeau, cette première journée a réuni étudiants, enseignants, chercheurs, ainsi que plusieurs membres de la communauté scientifique haïtienne, venus participer à ce rendez-vous académique devenu incontournable.

                                           

La cérémonie d’ouverture a débuté sur une note patriotique et artistique avec l’interprétation de la Dessalinienne et de l’hymne de l’Université par l’orchestre et la chorale de l’institution. Plusieurs autres prestations d’étudiants ont suscité les applaudissements nourris de l’assistance, annonçant une semaine placée sous le signe de la réflexion, de la mémoire historique et de la promotion du savoir.

Dans ses propos d’ouverture, le Responsable des Affaires Académiques, Dr Dodley Sévère, a livré un discours profondément marqué par une réflexion sur l’héritage de l’esclavage et la résilience des peuples issus de cette histoire. « L’esclavage est ce temps obscur de l’existence de l’homme », a-t-il déclaré, rappelant que cette histoire continue de laisser des stigmates visibles dans les sociétés contemporaines.

Dr Sévère a également souligné que les différentes conférences, expositions et présentations prévues durant la semaine permettront d’explorer les multiples facettes de cette époque tout en mettant en valeur « cette riche variété que nous avons, que nous vivons encore ». Selon lui, le choix du thème « Foire des sciences », voulu par le recteur de l’Université, Dr Jean-Bertrand Aristide, traduit cette volonté de conjuguer mémoire historique, diversité culturelle et production scientifique.

L’un des moments forts de cette première journée a été l’intervention remarquée de Me Martine Chevalier autour du thème : « Le droit comme outil de l’esclavage ». Dans une conférence dense et structurée, l’avocate a proposé une analyse historique et juridique de l’esclavage, démontrant comment le droit colonial a servi à légitimer et institutionnaliser l’une des plus graves atteintes à la dignité humaine.

Face à un auditoire attentif, Me Chevalier a expliqué que l’esclave avait été juridiquement réduit au statut de « bien meuble », privé de personnalité juridique, incapable de posséder des biens, de signer des contrats ou encore d’agir en justice. Revenant longuement sur le Code noir, elle a montré comment ce système légal avait organisé la violence, le travail forcé, la séparation des familles et le contrôle total des personnes réduites en esclavage.

Pour elle, le droit colonial n’était pas un instrument neutre, mais « un reflet du pouvoir », construit par les dominants afin de préserver leurs intérêts économiques et politiques. « Le droit n’a pas seulement encadré l’esclavage, il l’a littéralement créé », a-t-elle affirmé, soulignant que les révoltes d’esclaves, notamment la Révolution haïtienne, ont démontré que la liberté n’avait pas été accordée par les lois, mais imposée par la lutte.

La juriste a également abordé la question sensible de la dette de l’indépendance imposée à Haïti en 1825 par la France. Selon elle, cette indemnité versée aux anciens colons esclavagistes représente l’une des plus grandes injustices juridiques de l’histoire moderne. Évoquant les conséquences économiques de cette dette sur le développement du pays, elle a posé la question d’une compensation ou d’une restitution historique à Haïti.

« Imposer à un peuple de payer pour sa propre liberté après l’avoir conquise par le sang constitue une injustice flagrante », a-t-elle soutenu, rappelant que le débat sur les réparations coloniales demeure aujourd’hui un terrain de lutte politique et juridique complexe.

Au-delà des réflexions académiques, cette première journée de la semaine scientifique a également laissé place à des activités culturelles et estudiantines. L’Université en a également profité pour annoncer les résultats du concours des influenceurs unifaristes, organisé autour du thème « Unifa, la prestigieuse ». Après plusieurs semaines de compétition sur les réseaux sociaux, trois étudiants ont été désignés gagnants : Job Auguste, Sergio Vixamar et Isahdora Maturin.

                               

Comme le veut désormais la tradition à l’Université de la Fondation Dr Aristide, cette journée de célébration s’est conclue par la distribution de plusieurs bourses d’études et d’assurances aux étudiants, une initiative qui témoigne de l’engagement de l’institution en faveur de l’accompagnement académique et social de sa communauté estudiantine.

À travers cette ouverture réussie, l’Université de la Fondation Dr Aristide confirme sa volonté de faire de la science, de la réflexion critique et de la mémoire historique des instruments de formation citoyenne et de transformation sociale. La semaine scientifique 2026 s’annonce ainsi comme un espace privilégié de débats, d’apprentissage et de valorisation des savoirs au service de la société haïtienne.

               

                  

 

                     

                 

                   

                 

                 

                   

                   

                 

                 

                

                

               

             

               

               

 

Semaine Scientifique

SEMAINE SCIENTIFIQUE
18 Mai – 23 Mai 2026
FOIRE DES SCIENCES

Chères étudiantes, chers étudiants,

L’Université de la Fondation Dr Aristide a le plaisir et l’honneur de vous convier à la Semaine
scientifique de l’année académique 2025-2026.
Cette semaine se veut l’expression vivante d’une véritable FOIRE DES SCIENCES.
Il ne s’agit pas simplement d’une exposition académique classique, mais d’un vibrant appel à la
réflexion et à l’action.
À l’occasion de cette foire des sciences, votre intelligence et vos talents artistiques illumineront
une vérité universelle : l’esclavage demeure le crime le plus grave de l’humanité.
À travers vos projets, vos créations et vos démonstrations, faites dialoguer savoir scientifique et
expression artistique afin d’éveiller les consciences et de nourrir une réflexion collective
profonde.
Nous avons choisi de vous regrouper par département géographique d’origine.
Futurs médecins, dentistes, infirmières, infirmiers, physiothérapeutes, rééducateurs, juristes,
politologues, ingénieurs, architectes, gestionnaires, économistes, comptables, agronomes,
pharmaciens, techniciens d’analyses biomédicales …, vous serez les ambassadrices et
ambassadeurs de la terre qui vous a vus naître.

Tous les fils et filles de votre département géographique portent encore les traces du caractère
systémique et déshumanisant de l’esclavage. Les séquelles physiques et mentales chez les
descendants du Berceau de l’humanité constituent une source de pathologies chroniques.
Cette Foire des sciences vous invite à établir les liens entre l’héritage de l’esclavage, les
inégalités structurelles, les violences sociales et les troubles psychologiques.
Convoitées et pillées par les esclavagistes et les néocolons, les richesses de vos terroirs doivent
désormais être reconnues, protégées et mises en valeur par leurs dignes fils et filles, gardiens
légitimes de cet héritage sacré.
Pour y parvenir, cette foire des sciences vous invite à:
• Identifier les corrélations entre notre histoire coloniale et la misère infra-humaine.
• Promouvoir la musicothérapie, les danses thérapeutiques et des rituels symboliques favorisant
la résilience collective.
• Contribuer à réduire la méfiance envers la médecine héritée du passé colonial et les inégalités
d’accès aux soins de santé.
• Affirmer la nécessité des réparations financières et mémorielles.
• Concevoir des modèles juridiques, politiques et économiques susceptibles de promouvoir un
développement durable et équitable.
• Imaginer des techniques agronomiques et des systèmes d’ingénierie adaptés aux spécificités
locales.
D’où l’exigence d’une expression claire du savoir scientifique au service de la dignité nationale.
Des primes seront attribuées aux projets scientifiques et artistiques les plus engagés sur ces
thématiques.
Votre projet sera, dès lors, une pierre posée à l’édifice de notre identité propre.
C’est un acte patriotique que nous vous invitons à poser: celui de mettre votre intelligence au
service de votre patrie, en partant de ses racines.
Allons-y unifaristement !
Faisons de nos origines la source de notre prospérité.
Que votre engagement transforme cette semaine scientifique en un lieu où vibrent les neurones
conscience!

Tabarre, le 6 Avril 2026.

La Ferme agricole de l’Université de la Fondation Dr Aristide a chaleureusement accueilli ses riverains.

Le vendredi 1er mai 2026, à l’occasion de la fête de l’agriculture et du travail, la Ferme agricole
de l’Université de la Fondation Dr Aristide a ouvert ses portes au public, offrant aux riverains une
immersion concrète dans ses activités de production.

                  

                 
Dès l’entrée, le visiteur est frappé par une organisation soignée et une mise en valeur attrayante
des denrées agricoles. Sur des tables soigneusement disposées, ont été alignés des produits variés
: poivrons aux couleurs vives, tomates bien mûres, aubergines lustrées, régimes de bananes,
patates et œufs de poule. Non loin de là, une ruche installée dans une boîte en verre a capté
l’attention, suscitant curiosité et admiration. Cette installation pédagogique a permis d’observer
de près le travail des abeilles.

       

Cette foire agricole, organisée à l’intention des habitants des environs, a visé avant tout à
rapprocher la ferme de sa communauté. Selon l’ingénieur-agronome Roger Rosen Jasmin, Chargé
de mission à la Ferme Agricole, l’initiative a répondu à un besoin d’information et de
sensibilisation. « Il est important que les riverains comprennent ce qui se fait ici et qu’ils
saisissent la portée de nos activités », a-t-il expliqué. Il a également précisé que l’ensemble des
produits exposés est issu d’une production entièrement organique, réalisée au sein même de
l’établissement.

       
Les étudiants impliqués dans les activités agricoles ont joué un rôle central dans cette journée.
Présents aux différents stands, ils ont pris le temps d’expliquer aux visiteurs les techniques de
production, les méthodes utilisées et leur propre participation au processus. Cette interaction
directe a permis de valoriser à la fois le savoir-faire acquis et l’approche pédagogique de
l’exploitation.

         
La mobilisation des riverains a témoigné de l’intérêt suscité par l’événement. Nombreux sont
ceux qui ont fait le déplacement pour découvrir cet espace. Pour une participante, cette initiative
est essentielle: « Cet événement permet aux riverains de faire connaissance avec cet espace si
important pour la communauté et pour la relance agricole », a-t-elle déclaré.
À travers cette foire, la Ferme agricole de l’Université de la Fondation Dr Aristide a confirmé son
rôle non seulement comme lieu de production, mais aussi comme espace d’apprentissage, de
sensibilisation et de partage avec la communauté environnante.

             

   

   

   

   

 

      

Message du Président de l’UNIFA

Le « jeudi de l’UNIFA » du 9 avril 2026 s’est inscrit dans la dynamique des célébrations consacrées à la naissance de Toussaint Louverture. Dès l’entame, le ton a été donné : il ne s’agissait pas seulement d’honorer un héros national, mais de réaffirmer la portée universelle de son combat. L’esclavage y a été présenté, avec force, comme « le plus grave crime contre l’humanité », tant par son ampleur que par la persistance de ses séquelles dans les sociétés contemporaines.

Dans cette dynamique, le président de l’Université, le docteur Jean-Bertrand Aristide, a adressé un message à la communauté estudiantine, lu par un panel composé de trois Unifaristes. Son intervention a insisté sur la nécessité d’un devoir de mémoire lucide, articulé autour des exigences de justice et de réparation, dans la perspective d’un monde fondé sur la liberté, l’égalité et la dignité humaine.

                         

Le point central du message a été l’annonce officielle de la semaine scientifique de l’année académique 2025-2026. Présentée comme une « véritable foire des sciences », cette initiative dépasse le cadre classique des expositions académiques. Elle se veut un espace d’interaction entre savoir scientifique et expression artistique, destiné à éveiller les consciences et à susciter une réflexion collective sur les héritages de l’esclavage.

Dans une approche résolument interdisciplinaire, les étudiants — issus de divers domaines tels que médecine, odontologie, sciences infirmières, physiothérapie, pharmacie, technologie médicale, sciences juridiques, sciences politiques, génie civil, architecture, gestion, économie, comptabilité, et agronomie — sont appelés à représenter leurs départements géographiques d’origine. Cette orientation vise à ancrer la production scientifique dans les réalités locales, tout en mettant en lumière les traces systémiques laissées par l’histoire coloniale.

                 

Les thématiques proposées témoignent de l’ambition du projet : établir des corrélations entre l’esclavage et les inégalités structurelles, analyser les impacts sur la santé physique et mentale, promouvoir des approches innovantes telles que la musicothérapie et les pratiques culturelles thérapeutiques, ou encore concevoir des modèles de développement durable adaptés aux contextes locaux.

               

 

L’accent a également été mis sur la nécessité de restaurer la confiance envers les systèmes de santé, souvent fragilisée par les héritages du passé colonial, ainsi que sur l’urgence de penser des mécanismes de réparation, tant financiers que mémoriels. Par ailleurs, la valorisation des ressources locales et la protection des richesses territoriales ont été présentées comme des leviers essentiels pour un développement endogène et équitable.

Au-delà des enjeux scientifiques, la prochaine semaine scientifique se veut un acte profondément patriotique. Chaque projet est envisagé comme une contribution à la construction d’une identité nationale consciente de ses racines et tournée vers l’avenir. Des distinctions seront attribuées aux initiatives les plus engagées, renforçant ainsi l’esprit d’excellence et de responsabilité.

En définitive, ce « jeudi de l’UNIFA » n’a pas seulement été un moment de célébration. Il a constitué une véritable plateforme de mobilisation intellectuelle et citoyenne, appelant la jeunesse universitaire à transformer le savoir en levier de dignité et de progrès. Un rendez-vous où mémoire et science se conjuguent pour esquisser les contours d’un avenir plus juste.

             

            

Diffusion d’images sans consentement, un mémoire tire la sonnette d’alarme

L’étudiant en sciences juridiques Rayschard Belotte a soutenu avec succès, le lundi 23 mars 2026, son mémoire de fin d’études intitulé « L’utilisation de l’image des personnes en Haïti sur les réseaux sociaux au regard de la présomption d’innocence et de la vie privée (2015-2025) ». Présenté devant un jury composé de Donnelet Frédérique (président), Lacks Guvens Cadette (lecteur critique) et Me Ducasse Joseph (directeur de mémoire), ce travail de recherche s’inscrit dans un contexte marqué par l’essor fulgurant du numérique dans le pays.

             

Dans son exposé, l’impétrant a attiré l’attention sur les conséquences juridiques de l’utilisation non consentie de l’image des individus sur les plateformes numériques. Selon lui, cette pratique constitue une atteinte directe à deux piliers fondamentaux du droit : le respect de la vie privée et la présomption d’innocence. « La législation haïtienne accuse un retard face à cette nouvelle réalité », a-t-il souligné pour justifier le choix de son sujet.

Le mémoire s’articule autour d’une problématique centrale : dans quelle mesure la diffusion d’images sans consentement sur les réseaux sociaux constitue-t-elle une violation des droits fondamentaux et des principes juridiques ? Pour y répondre, Rayschard Belotte a combiné une analyse documentaire approfondie avec une enquête de terrain reposant sur des approches à la fois quantitative et qualitative.

 

       

Les résultats de cette enquête, menée auprès de 200 personnes, sont sans équivoque. Près de 95,5 % des répondants estiment que l’image des individus est utilisée de manière irrespectueuse sur les réseaux sociaux. Plus marquant encore, 98 % des participants se prononcent en faveur de l’adoption d’une loi visant à encadrer cette pratique.

Pour le chercheur, ces chiffres traduisent une prise de conscience collective face aux dérives observées dans l’espace numérique. Ils confirment non seulement l’ampleur du problème, mais aussi la forte demande en faveur d’une intervention législative.

Au-delà du constat, le mémoire plaide pour une réforme du cadre juridique haïtien afin de mieux protéger les citoyens. L’objectif, selon l’auteur, est de combler le vide légal actuel et de prévenir les violations répétées des droits fondamentaux dans l’environnement numérique.

Par la pertinence de son analyse et l’actualité du sujet traité, ce travail contribue à alimenter le débat sur la régulation des réseaux sociaux en Haïti, à un moment où les usages numériques redéfinissent les rapports sociaux et juridiques.

La soutenance de Rayschard Belotte marque ainsi une étape importante dans la réflexion académique sur les droits numériques dans le pays.

       

       

                  

 

 

 

Des résidents de l’UNIFA témoignent de leur engagement au service de la communauté

L’auditorium de l’Université de la Fondation Dr Aristide a accueilli, ce jeudi 19 mars, une nouvelle édition du « jeudi de l’UNIFA », marquée par les interventions de plusieurs médecins résidents venus partager leurs expériences professionnelles et humaines à l’Hôpital Universitaire Dr Aristide. À travers des récits à la fois sobres et percutants, ces jeunes praticiens ont mis en relief les exigences du métier, mais surtout la portée du service à la communauté.

                 

Premier intervenant, le Dr Boyer a retenu l’attention en revenant sur un choix atypique : celui d’effectuer son service social au centre de santé de Casal, une zone difficile d’accès située non loin de Cabaret. À rebours d’une tendance qui pousse de nombreux jeunes médecins vers les grands centres hospitaliers de la capitale, il a privilégié un environnement où les besoins sont criants. « C’est au cœur des milieux les plus modestes que la médecine prend tout son sens », a-t-il expliqué, assumant un choix guidé par des convictions plutôt que par la recherche de visibilité.

Son passage dans cette localité a également débouché sur une production scientifique. Le médecin a mené une étude sur la prévalence des infections respiratoires aiguës chez les enfants de moins de cinq ans à Casal, un travail validé et publié dans les annales de l’université, témoignant de l’intérêt académique de ces terrains souvent négligés.

Dans la même veine, le Dr Boyer a rappelé la philosophie de l’Hôpital Universitaire Dr Aristide, fondée sur le principe de « santé sans exclusion », insistant sur l’accessibilité des soins comme pilier central de l’action médicale menée au sein de l’institution.

Au service de pédiatrie, la docteure Emmanuella Amédée fait face, quant à elle, à une réalité quotidienne marquée par l’urgence et la précarité. Elle a décrit un environnement où les défis sont constants, notamment à travers les cliniques mobiles et les consultations gratuites organisées pour les populations défavorisées. Malgré les contraintes, une ligne directrice demeure : aucun patient n’est refusé.

Dre Amédée a évoqué des situations particulièrement éprouvantes, où des enfants gravement malades, rejetés par plusieurs structures hospitalières, sont finalement pris en charge par son service. « Il nous arrive de passer des nuits entières à tenter de sauver des vies », a-t-elle confié, soulignant l’ampleur des efforts déployés par les équipes médicales.

Intervenant ensuite, la Dre Medgina Félix, résidente en ophtalmologie, a proposé une lecture plus symbolique de sa spécialité. Pour elle, « l’œil est le miroir de la société », une affirmation qu’elle a illustrée par des cas cliniques marquants, notamment celui d’une patiente ayant recouvré la vue grâce à une prise en charge adaptée. Son témoignage a mis en évidence le rôle souvent sous-estimé de l’ophtalmologie dans l’amélioration des conditions de vie.

Clôturant la série d’interventions, la Dre Mitchana Alexandre a consacré son allocution à la radiologie, un domaine encore émergent en Haïti. Elle a plaidé pour une meilleure intégration de cette spécialité dans le système de santé, la présentant comme un outil indispensable au diagnostic. « La radiologie constitue les yeux de la médecine », a-t-elle soutenu.

Au-delà de l’aspect technique, son intervention a pris une dimension personnelle lorsqu’elle a évoqué les difficultés traversées après la perte de sa mère au début de ses études médicales. Un parcours marqué par la résilience, qui nourrit aujourd’hui son ambition de voir se développer en Haïti une radiologie plus avancée, notamment interventionnelle, afin de limiter le recours aux soins à l’étranger.

Les échanges avec le public ont permis de prolonger la réflexion, dans une atmosphère attentive et engagée. Cette édition du « jeudi de l’UNIFA » aura ainsi offert bien plus qu’un simple partage d’expériences : un témoignage collectif sur les défis de la médecine en Haïti et sur la volonté d’une nouvelle génération de praticiens d’y répondre avec rigueur, humanisme et détermination.

           

                   

                   

 

                   

                    

 

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